- Avant ce changement, Fernando avait le sentiment de suivre un rythme devenu trop lourd. Il évoque les mensualités, les factures, la voiture, les responsabilités familiales et l’entretien permanent d’un logement. Arrivé à Buenos Aires puis installé en Espagne…
- Leur habitation sur roues n’est pas récente. Baptisé « La Vaca » par ses propriétaires, leur Fiat Ducato Maxi a 27 ans. Fernando et Ana en sont les troisièmes détenteurs. Ils ont choisi ce véhicule pour son aménagement…
- Le principal changement financier ne vient pas seulement du bricolage. En abandonnant leur maison, Fernando et Ana ont supprimé plusieurs dépenses fixes : factures d’eau et d’électricité, frais de copropriété, abonnement internet du domicile, garage ou entretien d’un…
Les repères
- Fernando et Ana, deux retraités, vivent depuis trois ans dans un camping-car Fiat Ducato de 27 ans en Espagne, transformant leur mode de vie pour maîtriser leurs dépenses
- En quittant leur logement traditionnel, ils ont supprimé les dépenses fixes mensuelles : eau, électricité, copropriété, internet, entretien, ce qui améliore leur situation financière
- Le couple effectue lui-même les réparations de son véhicule, ce qui leur a permis d’économiser plus de 1 400 euros sur une réparation importante (1 631 euros au lieu de 3 000 euros pour la peinture seule)
- 1970 : Fernando s’installe en Espagne après un passage à Buenos Aires
- Il y a trois ans : Fernando et Ana quittent leur logement fixe pour vivre dans un véhicule aménagé
Fernando et Ana ont quitté leur logement fixe pour vivre toute l’année dans un véhicule aménagé. Un choix qui a bouleversé leur budget.
Il y a trois ans, le couple a fait un pari que beaucoup de retraités jugeraient risqué : vendre ou laisser derrière lui le confort d’une maison pour adopter une vie mobile. Fernando et Ana vivent désormais en Espagne dans un camping-car de sept mètres, qui constitue leur seul domicile. Avec une pension qu’ils décrivent comme modeste, ils cherchent moins le luxe que la maîtrise de leurs dépenses et de leur temps.
Un départ motivé par le poids des dépenses fixes
Avant ce changement, Fernando avait le sentiment de suivre un rythme devenu trop lourd. Il évoque les mensualités, les factures, la voiture, les responsabilités familiales et l’entretien permanent d’un logement. Arrivé à Buenos Aires puis installé en Espagne en 1970, il raconte s’être progressivement senti enfermé dans un quotidien répétitif.
Ana partageait cette fatigue. Après des années consacrées au travail et aux obligations, elle voulait que leur retraite ne soit pas uniquement une période de calculs à la fin du mois. Le couple a donc décidé de vivre autrement, sans attendre une hypothétique amélioration de ses revenus.
En quittant leur logement traditionnel, Fernando et Ana ont surtout cherché à faire disparaître les dépenses qui revenaient chaque mois, même lorsqu’ils ne profitaient pas de leur maison.
Dans leur ancien logement, leur pension était vite absorbée. Fernando se souvient qu’au milieu du mois, ils se retrouvaient déjà à surveiller chaque achat en attendant le versement suivant. Cette pression financière les a poussés à revoir leur organisation de fond en comble.
Un véhicule de 27 ans devenu leur maison
Leur habitation sur roues n’est pas récente. Baptisé « La Vaca » par ses propriétaires, leur Fiat Ducato Maxi a 27 ans. Fernando et Ana en sont les troisièmes détenteurs. Ils ont choisi ce véhicule pour son aménagement fonctionnel et sa robustesse, plutôt que pour son âge ou son apparence.
Fernando apprécie en particulier les meubles en bois massif installés à l’intérieur. À ses yeux, ils résistent mieux à l’usage que certains équipements modernes, plus légers mais aussi plus fragiles. Dans sept mètres de longueur, l’espace impose une discipline quotidienne : on ne conserve pas un objet sans raison.
Chaque réparation devient une source d’économie
Le couple a appris à intervenir lui-même sur son habitation mobile. Cette autonomie demande du temps, des outils et une certaine prudence, mais elle évite de multiplier les factures chez les professionnels. Une réparation importante leur a ainsi demandé cinq mois de travail.
Ils avaient identifié un défaut sur toute la longueur d’une paroi. Plutôt que de confier entièrement le chantier à une entreprise, ils ont réparé la zone concernée et repeint l’extérieur eux-mêmes. La facture finale s’est élevée à 1 631 euros.
Ce montant reste significatif pour des retraités aux revenus contenus. Il est pourtant inférieur au prix annoncé pour la seule peinture extérieure, évaluée à plus de 3 000 euros. Cette différence a renforcé leur conviction : entretenir eux-mêmes leur logement est une façon de préserver leur budget.
- Ils limitent les frais de main-d’œuvre sur les petites réparations.
- Ils connaissent chaque recoin de leur habitation.
- Ils peuvent étaler certains travaux sur plusieurs semaines.
- Ils évitent de remplacer systématiquement un équipement encore réparable.
Des charges supprimées, mais un budget à surveiller
Le principal changement financier ne vient pas seulement du bricolage. En abandonnant leur maison, Fernando et Ana ont supprimé plusieurs dépenses fixes : factures d’eau et d’électricité, frais de copropriété, abonnement internet du domicile, garage ou entretien d’un bâtiment plus grand.
Cette baisse des charges transforme leur fin de mois. Ana explique qu’il leur reste désormais de l’argent après avoir payé les dépenses courantes. Pour un couple dont les revenus n’ont pas fortement augmenté, la différence tient donc d’abord à la réduction des sorties d’argent obligatoires.
Leur pension demeure modeste, mais elle n’est plus engloutie dès les premières semaines par les mêmes factures fixes.
Leur équilibre reste fragile et dépend largement de leurs déplacements. Le carburant constitue l’un des postes les plus variables. Plus ils parcourent de kilomètres, plus le budget grimpe. Ils ont trouvé une réponse simple : rester davantage de temps dans une même région lorsqu’ils souhaitent réduire leurs dépenses.
Cette souplesse leur permet d’ajuster leur rythme sans renoncer complètement au voyage. Une halte prolongée offre aussi l’occasion de faire ses courses localement, de remplir les réserves de butane et de fréquenter les commerces des communes traversées.
Vivre avec moins pour profiter davantage du temps
Leur décision dépasse les comptes bancaires. Dans un espace réduit, chaque achat doit être pensé. Un vêtement encombrant, un appareil peu utilisé ou une décoration volumineuse peuvent vite devenir un problème. Fernando et Ana ont donc modifié leur rapport aux objets.
Ils privilégient les promenades, les paysages, les rencontres et les haltes improvisées. Leur confort ne repose plus sur l’accumulation de biens, mais sur une organisation précise et des besoins limités. Ana résume cette évolution par une idée simple : avoir moins peut aussi donner davantage de liberté.
Ce que ce mode de vie exige au quotidien
Vivre dans un camping-car à l’année ne convient pas à tous les retraités. L’autonomie demande une bonne préparation. Il faut surveiller les niveaux d’eau, anticiper le gaz, entretenir le moteur, trouver des aires adaptées et respecter les règles locales de stationnement. Une panne mécanique ou une fuite peut aussi devenir plus gênante que dans une maison traditionnelle.
Avant d’adopter ce choix, il est utile de calculer plusieurs postes : assurance, carburant, contrôles techniques, entretien, péages éventuels, raccordements, réparations imprévues et frais de santé. Un véhicule ancien peut réduire le coût d’achat, mais il peut réclamer davantage de temps et de vigilance.
Pour Fernando et Ana, cette contrainte fait partie du projet. Leur camping-car de sept mètres n’est pas seulement un moyen de transport. C’est un logement, un atelier de bricolage et une manière de reprendre la main sur une retraite qu’ils ne voulaient plus consacrer aux factures.


