- Michel-Édouard Leclerc propose de suspendre la TVA appliquée à la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) pour réduire le prix du carburant d’environ 20 centimes par litre.
- Ce mécanisme de taxe sur taxe signifie que la TVA est calculée non seulement sur le carburant lui-même, mais aussi sur la TICPE déjà incluse dans le prix, doublant ainsi la pression fiscale.
- Si un conducteur consomme 120 litres par mois, il économiserait environ 24 euros mensuels (280 euros annuels), mais la suspension entraînerait une perte de plusieurs milliards d’euros de recettes publiques.
Concrètement en France
- La TICPE et la TVA représentent une part importante du prix affiché à la pompe en France, et la TVA s’applique bien sur un prix qui inclut déjà la TICPE.
- Une telle suspension relèverait d’une décision budgétaire votée dans le cadre des finances publiques, et non d’un geste commercial des distributeurs.
- Par le passé, l’État a déjà eu recours à des remises ponctuelles à la pompe ou à des aides ciblées plutôt qu’à une modification durable de la fiscalité des carburants.
- Pour estimer l’effet sur son budget, le plus fiable reste de partir de sa consommation réelle en litres, relevée sur plusieurs mois, plutôt que d’une moyenne générale.
Les repères
- Michel-Édouard Leclerc propose de suspendre la TVA appliquée à la TICPE, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques
- Cette suspension pourrait réduire le prix à la pompe d’environ 20 centimes par litre
- La TVA est actuellement calculée sur le prix hors taxes ainsi que sur la TICPE déjà incluse, créant une « taxe sur une autre taxe »
- Un automobiliste consommant 120 litres par mois économiserait environ 24 euros par mois, soit plus de 280 euros annuels
Le pistolet de la pompe raccroché, le regard file presque toujours vers le même endroit : le montant affiché. Un plein à 85 ou 90 euros n’a plus rien d’exceptionnel pour une famille qui travaille, dépose les enfants, fait les courses et parcourt quelques kilomètres de trop chaque semaine. Nous connaissons tous ce moment où l’on se demande si la voiture n’est pas devenue un luxe discret, grignotant le budget sans faire de bruit.
Michel-Édouard Leclerc remet une idée sensible sur la table : suspendre la TVA appliquée à la TICPE, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. Selon cette logique, près de 20 centimes par litre pourraient être retirés du ticket final. Une petite ligne fiscale, un effet très concret. Voilà ce qui agite les stations-service.
Les 20 centimes qui se cachent derrière le prix affiché
À la pompe, le prix d’un litre ne correspond pas seulement au pétrole, au raffinage, au transport ou à la marge du distributeur. Une part massive revient à l’État, notamment via la TICPE et la TVA. Ce qui irrite Michel-Édouard Leclerc tient à un mécanisme que beaucoup découvrent avec étonnement : la TVA est calculée sur le prix hors taxes, mais aussi sur la TICPE déjà incluse.
Pour simplifier, le consommateur paie donc une taxe sur une autre taxe. Avec une TICPE qui approche souvent 60 centimes sur le gazole et près de 70 centimes sur l’essence sans-plomb, la TVA appliquée à cette composante représente à elle seule autour de 12 à 14 centimes par litre. En ajoutant les effets de calcul selon les carburants et les niveaux de prix, la baisse évoquée peut se rapprocher de **20 centimes par litre**.
Ce chiffre ne signifie pas que chaque automobiliste verrait automatiquement son carburant baisser de 20 centimes dès le lendemain. Le prix dépend aussi du cours du pétrole, du dollar, des stocks disponibles et des choix de marge des acteurs de la filière. Mais l’idée est simple : retirer cette TVA sur la TICPE allégerait immédiatement une couche fiscale. *À la fin du mois, quelques centimes ne sont jamais vraiment quelques centimes.*
Ce que cette suspension changerait vraiment pour un automobiliste
La première chose à faire est de regarder sa consommation réelle, plutôt que de se fier à une impression. Un conducteur qui consomme 120 litres par mois économiserait environ 24 euros avec une baisse de 20 centimes par litre ; sur un an, l’écart dépasserait 280 euros. Pour les gros rouleurs, les aides à domicile, les artisans ou les habitants des zones rurales, la différence serait loin d’être anecdotique.
Il faut aussi éviter une confusion fréquente : suspendre la TVA sur la TICPE ne reviendrait pas à supprimer toutes les taxes sur les carburants. La TICPE resterait due, tout comme une partie de la TVA portant sur le carburant lui-même. Cette nuance compte, car une suppression totale des prélèvements ferait chuter les recettes publiques bien plus fortement. Soyons honnêtes : personne ne fait vraiment ce calcul tous les jours devant une pompe.
La proposition défendue par Michel-Édouard Leclerc repose sur une mesure ciblée, pensée comme une respiration pour les ménages lorsque les prix flambent. Elle pose aussi une question budgétaire : qui compenserait les milliards d’euros de recettes perdues ?
« Le problème n’est pas seulement le prix du pétrole : c’est aussi l’empilement des taxes qui transforme chaque plein en facture difficile à absorber. »
- La TICPE est une taxe fixe, variable selon le carburant et les décisions publiques.
- La TVA est aujourd’hui appliquée sur l’ensemble du prix, TICPE comprise.
- Une baisse de 20 centimes allégerait vite le budget, sans effacer toutes les taxes.
Une mesure populaire, mais loin d’être neutre pour les finances publiques
Suspendre cette TVA sur la TICPE parlerait immédiatement aux automobilistes, car le gain serait lisible sur le totem de la station. C’est aussi ce qui rend l’idée politiquement puissante : elle ne demande ni dossier compliqué ni avance de frais, contrairement à certaines aides. Le soulagement serait le même pour tous les litres achetés, quel que soit le revenu du conducteur.
Le revers existe. Les taxes sur les carburants financent une part des dépenses publiques et, selon les mécanismes retenus, les collectivités territoriales peuvent aussi être concernées. Une mesure temporaire pourrait coûter plusieurs milliards d’euros sur une année. Les défenseurs de la suspension estiment qu’elle redonnerait du pouvoir d’achat ; ses opposants rappellent qu’elle bénéficierait davantage à ceux qui consomment le plus de carburant.
Le débat dépasse donc largement la station-service. Il touche à la place de la voiture dans les territoires, à l’équité entre ménages urbains et ruraux, et à la manière de financer la transition énergétique sans laisser certains Français au bord de la route. Beaucoup ne demandent pas un privilège : ils veulent simplement pouvoir aller travailler sans redouter le prochain plein.
| Point essentiel | Détail | Valeur ajoutée pour le lecteur |
|---|---|---|
| Taxe visée | La TVA appliquée sur la TICPE, souvent décrite comme une taxe sur une taxe | Comprendre l’origine d’une partie du prix payé à la pompe |
| Gain potentiel | Jusqu’à environ 20 centimes par litre selon le carburant et le montage retenu | Estimer l’effet sur son budget mensuel et annuel |
| Enjeu collectif | Une baisse des prix qui réduirait aussi les recettes fiscales publiques | Mesurer pourquoi une annonce simple cache un arbitrage complexe |


