- Disapo, pharmacie en ligne basée aux Pays-Bas mais ciblant l’Allemagne, a ouvert une procédure d’insolvabilité en septembre 2026 avec environ 2,2 millions d’euros de dettes.
- Le site demeure accessible visuellement mais les commandes pour les clients allemands sont désormais impossibles, créant une confusion entre l’affichage des produits et leur indisponibilité.
- L’entreprise a connu une forte croissance avant de décliner, passant de 200 salariés et 80 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021 à environ 90 salariés lors de sa revente en 2024.
Concrètement en France
- En France, la vente en ligne de médicaments est très encadrée : seules des officines physiques autorisées peuvent proposer un site de commande, et uniquement pour des médicaments sans ordonnance.
- Un site étranger visible depuis la France n’est donc pas forcément habilité à livrer des médicaments à des clients français.
- Comme en Allemagne, un client français dont la commande reste impayée ou non expédiée lors d’une procédure collective devient un créancier parmi d’autres, avec peu de garanties de remboursement rapide.
- Le paiement par carte bancaire peut parfois permettre de contester le débit auprès de sa banque lorsque le produit n’a jamais été livré.
Les repères
- La pharmacie en ligne Disapo a déposé le bilan en procédure d’insolvabilité et ne livre plus ses clients allemands depuis mi-septembre 2026
- Le site reste visible en ligne mais aucun produit n’est disponible à l’achat pour les consommateurs allemands
- Les dettes du groupe atteignent environ 2,2 millions d’euros et les négociations de reprise avec des investisseurs allemands ou chinois ont échoué
- Le centre logistique de Heerlen aux Pays-Bas de 7 500 mètres carrés et employant 35 salariés intéresse les repreneurs potentiels
- 2021 : Disapo réalise près de 80 millions d’euros de chiffre d’affaires avec environ 200 salariés
- 2022 : Douglas rachète Disapo pour se développer sur le marché des pharmacies en ligne
- août 2024 : Douglas vend Disapo à MYA Health B.V., la société ne compte alors plus qu’environ 90 salariés
- mi-septembre 2026 : Ouverture d’une procédure d’insolvabilité pour disapo.de Apotheke B.V., arrêt de la vente et l’expédition vers l’Allemagne
En Allemagne, l’avenir de Disapo se joue désormais entre procédure d’insolvabilité, dettes accumulées et recherche d’une solution pour ses actifs.
La pharmacie en ligne Disapo, qui ciblait principalement les clients allemands depuis les Pays-Bas, traverse une période critique. Selon Retail News, média professionnel cité dans les informations disponibles, la plateforme reste accessible, mais les consommateurs allemands ne peuvent plus y passer commande.
Une boutique visible, mais des commandes impossibles
À la mi-septembre 2026, une procédure d’insolvabilité a été ouverte pour disapo.de Apotheke B.V., la société spécialisée dans le marché allemand. Le site présente encore des médicaments, des produits cosmétiques et des compléments alimentaires. Aucun de ces articles n’est désormais disponible à l’achat pour les clients concernés.
La vitrine numérique de Disapo demeure en ligne, alors que son activité de vente et d’expédition vers l’Allemagne est à l’arrêt.
Cette situation peut créer de la confusion pour les habitués du site. Voir un produit affiché ne signifie pas qu’il peut être commandé ou livré. Pour les personnes qui attendaient un colis, la procédure d’insolvabilité ouvre une période d’incertitude sur le traitement des commandes déjà réglées et non expédiées.
En Allemagne, Disapo ne représentait pas une petite structure artisanale. L’entreprise avait connu une forte croissance, avant de voir ses effectifs et son activité diminuer au fil des changements de propriétaires et de stratégie.
Des négociations de reprise qui n’ont pas abouti
La maison mère de l’époque, MYA Health, avait cherché un acheteur avant le dépôt de bilan. Les discussions visaient des investisseurs allemands ou chinois. Elles auraient échoué peu avant leur finalisation, alors que les engagements financiers du groupe atteignaient environ 2,2 millions d’euros.
Une seconde société du groupe, Disapo BA B.V., a elle aussi été placée en insolvabilité peu après. Cette entité regroupait une partie des activités tournées vers la Chine, dont la commercialisation de lait en poudre européen et allemand. Elle n’employait plus que quatre personnes.
Le dossier intéresse désormais les acteurs susceptibles de reprendre certains éléments de l’entreprise, plutôt que l’activité dans son ensemble. L’attention se porte notamment sur le centre logistique de Heerlen, aux Pays-Bas, près de la frontière allemande.
- La société dédiée au site allemand comptait encore environ 35 salariés.
- Les dettes évoquées atteignent près de 2,2 millions d’euros.
- Le centre logistique de Heerlen couvre environ 7 500 mètres carrés.
- Une autre société du groupe, liée aux activités chinoises, employait quatre personnes.
Le centre de Heerlen au cœur des décisions
Le devenir de cet entrepôt est examiné par l’administrateur judiciaire Thomas Caron. Un site logistique de cette taille peut constituer un actif déterminant dans une éventuelle cession. Il permet de stocker des produits, de préparer les colis et d’organiser les expéditions vers les marchés voisins.
Une procédure d’insolvabilité ne mène pas automatiquement à la fermeture définitive d’une société. Plusieurs scénarios restent possibles : une reprise, une réorganisation de l’activité ou une liquidation si aucune poursuite viable ne se dessine. Dans le cas de Disapo, l’absence d’accord avec un repreneur avant la procédure a fragilisé la continuité des ventes.
Une croissance rapide avant le recul
Disapo avait attiré l’attention de Douglas, groupe spécialisé dans la beauté, qui l’a rachetée en 2022 afin de se développer plus vite sur le marché des pharmacies en ligne. À cette période, l’entreprise comptait environ 200 salariés et avait réalisé près de 80 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021, d’après Retail News.
Le projet n’a pas conservé la même place dans la stratégie de Douglas. Le groupe a finalement vendu Disapo à MYA Health B.V. en août 2024. La société ne comptait alors plus qu’environ 90 salariés. Douglas avait aussi enregistré une perte de 5,9 millions d’euros liée à cette opération.
En quelques années, Disapo est passée d’une entreprise employant environ 200 personnes à une structure bien plus réduite, avant l’ouverture des procédures d’insolvabilité.
Cette trajectoire illustre la difficulté de rentabiliser une activité de pharmacie à distance. Le secteur demande des investissements logistiques élevés, une gestion stricte des produits de santé et une capacité à répondre rapidement aux attentes des clients. La concurrence sur les prix et les frais de livraison peut aussi peser sur les marges.
D’une arrière-boutique à une plateforme transfrontalière
Selon le média spécialisé Apotheke Adhoc, Disapo a été fondée en 2004 par le pharmacien Franz Michael Peikert. Les premiers colis ont été préparés depuis l’arrière-boutique d’une pharmacie d’Offenbach, reprise en 2002 avec son épouse.
Trois ans plus tard, l’activité de vente à distance a déménagé dans un entrepôt situé dans une zone d’activité d’Offenbach. L’entreprise a ensuite transféré son centre logistique à Heerlen, aux Pays-Bas, afin d’augmenter ses capacités de stockage et de préparation.
Le parcours de Disapo montre aussi la dimension transfrontalière du commerce de médicaments en Europe. Une entreprise peut vendre à des clients d’un pays tout en installant sa logistique dans un autre État membre. Cette organisation implique une vigilance renforcée sur les règles applicables, l’origine des produits et les conditions de livraison.
Quelle situation pour les clients français ?
En France, la vente en ligne de médicaments est encadrée. Elle relève des pharmacies d’officine autorisées à exercer cette activité et concerne les médicaments qui ne sont pas soumis à une prescription obligatoire. Les agences régionales de santé jouent un rôle dans l’encadrement de cette activité.
Un client français doit rester prudent face à une pharmacie en ligne qui ne permet plus de commander, qui ne fournit pas d’informations claires sur son exploitation ou qui affiche des délais inhabituels. Pour un traitement nécessaire, le recours à une pharmacie physique permet d’obtenir rapidement un conseil adapté auprès d’un pharmacien.
Les précautions en cas de commande non livrée
Lorsqu’une commande a été payée mais n’a pas été expédiée, conserver la confirmation d’achat, les échanges avec le vendeur et la preuve de paiement peut être utile. Ces documents permettent d’établir la date, le montant et le contenu de la commande si une démarche devient nécessaire.
Pour les produits de santé, l’interruption soudaine d’un service de vente à distance pose aussi une question pratique : éviter de se retrouver sans traitement ou sans produit indispensable. Anticiper le renouvellement d’un achat courant auprès d’un circuit disponible limite le risque de rupture pour le consommateur.


