- Ibon, 32 ans, a quitté Saint-Sébastien pour une commune de 18 habitants dans les Asturies afin de rénover une ancienne étable en logement.
- Les coûts locaux sont drastiquement plus bas qu’en ville : l’eau coûte 5 euros par an et un voisin dépense 17 à 18 euros mensuels d’électricité.
- La conversion d’un bâtiment agricole demande un changement d’usage (10 000 à 15 000 euros), des vérifications préalables et une isolation renforcée en zone humide.
Concrètement en France
- En France aussi, transformer une ancienne grange ou étable en habitation suppose une autorisation d’urbanisme auprès de la mairie, avec un changement de destination du bâtiment.
- Le coût réel d’un tel projet dépend surtout des travaux de mise aux normes (assainissement, isolation, raccordements), souvent bien supérieurs au prix d’achat dans les zones rurales peu recherchées.
- L’écart de prix au mètre carré entre grandes métropoles et communes rurales existe également en France, mais il s’accompagne d’une dépendance forte à la voiture et d’un éloignement des services.
- Les factures d’eau et d’électricité citées ici relèvent d’un témoignage individuel espagnol et ne sont pas transposables telles quelles à un foyer français.
Les repères
- Ibon Berasategui, 32 ans, a quitté Saint-Sébastien pour aménager une ancienne étable dans une commune rurale des Asturies de 18 habitants
- Les coûts de vie ruraux sont drastiquement réduits : eau à 5 euros par an, électricité entre 17 et 18 euros par mois chez un voisin, contre des prix immobiliers de 5 317 euros le mètre carré en ville
- Le changement d’usage administratif de l’étable lui a coûté entre 10 000 et 15 000 euros, mais reste inférieur aux prix urbains où le mètre carré en zone rurale se négocie entre 300 et 450 euros
- La vie rurale comporte aussi des contraintes : distances accrues pour les courses, les soins et l’école, dépenses automobiles, travaux de rénovation importants pour adapter un bâtiment agricole
Fatigué du bruit et des loyers élevés, un trentenaire a choisi une commune minuscule pour bâtir une vie plus sobre.
Il y a encore peu, Ibon Berasategui vivait à Saint-Sébastien, une grande ville côtière du nord de l’Espagne. À 32 ans, il a fait le choix de partir pour une commune rurale des Asturies, peuplée de seulement 18 personnes. Un départ mûri pendant des années, porté par l’envie de vivre près de la nature et de réduire les dépenses qui pèsent sur le quotidien.
Une ancienne étable au lieu d’un appartement en ville
Le projet d’Ibon ne tient pas dans un simple déménagement. Il a acheté une ancienne étable, avec l’objectif de la convertir en logement. L’idée lui trottait dans la tête depuis l’enfance : habiter une maison entourée d’arbres, cultiver quelques légumes, planter des fruitiers et, à terme, élever des poules.
Sur place, tout reste à faire ou presque. La transformation d’un bâtiment agricole en habitation demande des travaux, des autorisations et du temps. Avant même de lancer le chantier, le jeune homme a dû obtenir un changement d’usage pour le bien. Cette procédure administrative lui a coûté entre 10 000 et 15 000 euros.
Cette somme peut sembler élevée. Elle doit pourtant être comparée aux prix immobiliers pratiqués dans les grandes villes espagnoles. À Saint-Sébastien, le prix moyen du mètre carré atteignait 5 317 euros en 2024, selon les données citées par les médias locaux. Dans certaines petites villes ou zones rurales, les montants n’ont rien à voir.
Dans les territoires ruraux les moins recherchés, le mètre carré peut se négocier entre 300 et 450 euros, loin des niveaux observés dans les grandes agglomérations.
L’écart ne concerne pas uniquement l’achat d’un logement. Il se ressent aussi sur les taxes locales, les loyers et, dans certains cas, les factures courantes. C’est ce qui a frappé Ibon dès son arrivée dans sa nouvelle commune.
Une facture d’eau réduite à quelques euros par an
Dans ce village, l’eau coûte 5 euros par an aux habitants, selon le témoignage rapporté par Ibon. Un montant qui paraît dérisoire lorsqu’on le compare aux budgets domestiques de nombreux foyers urbains, où l’eau représente souvent plusieurs centaines d’euros annuels selon la consommation et la taille du ménage.
Le prix de l’électricité étonne tout autant. L’un de ses voisins réglerait une facture mensuelle comprise entre 17 et 18 euros. Ibon s’en amuse : à un tel niveau de dépense, installer des panneaux photovoltaïques ne constitue pas forcément une priorité financière immédiate.
Dans cette commune rurale, l’eau revient à 5 euros par an et certains foyers dépensent moins de 20 euros par mois pour l’électricité.
Ces chiffres doivent tout de même être lus avec prudence. Une facture électrique dépend de nombreux paramètres : la surface du logement, le mode de chauffage, le nombre d’occupants, l’isolation, les appareils utilisés et les habitudes de consommation. Un foyer chauffé au bois, équipé d’appareils économes ou occupé ponctuellement ne présente pas le même profil qu’une famille vivant dans une maison ancienne mal isolée.
Des dépenses faibles, mais pas une vie sans contraintes
Vivre dans un village de 18 habitants ne signifie pas que tout coûte moins cher. Les habitants peuvent parcourir davantage de kilomètres pour faire leurs courses, aller chez le médecin, accompagner les enfants à l’école ou effectuer des démarches administratives. La voiture devient souvent indispensable, avec un budget carburant et entretien à prévoir.
Les travaux de rénovation peuvent aussi réserver des surprises. Une ancienne étable n’a pas été pensée pour accueillir un logement moderne. Il faut parfois créer les raccordements, renforcer la structure, poser une isolation performante, installer une ventilation et adapter l’assainissement.
- Le changement d’usage du bâtiment peut représenter une dépense notable.
- Les travaux doivent respecter les règles d’urbanisme locales.
- L’accès aux soins, aux commerces et aux transports peut être plus limité.
- Les dépenses d’énergie varient fortement selon le chauffage choisi.
- La connexion à internet mérite d’être vérifiée avant une installation permanente.
La peur de l’isolement avant le départ
Le principal frein d’Ibon n’était pas financier. Il craignait surtout de se retrouver isolé. Quitter une ville jeune adulte suscite souvent les mêmes réactions : peur de manquer de rencontres, de ne plus avoir d’activités ou de voir les amis s’éloigner.
Son entourage lui répétait qu’il risquait de se sentir seul, voire de regretter rapidement sa décision. Ces remarques l’ont longtemps poussé à reporter son projet. Il a fini par comprendre qu’il appréciait aussi le calme et sa propre compagnie.
Pour l’instant, il ne vit pas encore dans l’ancienne étable. Durant les travaux, il loue un appartement dans le secteur avec Axel, un ami qui travaille à distance. Cette présence a facilité son installation et démontre qu’une vie rurale ne rime pas forcément avec retrait complet du monde.
Le travail à distance change la donne dans les campagnes
L’arrivée de travailleurs à distance dans les villages modifie peu à peu l’image des territoires ruraux. Pour des actifs qui n’ont pas besoin de se rendre chaque jour au bureau, habiter loin d’une métropole devient plus envisageable. À condition, bien sûr, de disposer d’une connexion stable et d’un espace de travail adapté.
Ce mouvement peut aussi redonner de l’activité à des communes peu peuplées. Des logements vacants sont rénovés, certains commerces trouvent de nouveaux clients et les associations locales gagnent parfois des bénévoles. L’équilibre reste fragile : l’installation de nouveaux habitants ne règle pas à elle seule les difficultés d’accès aux services publics.
Avant de rénover un bâtiment agricole, quelques vérifications
Le changement de destination est une étape clé. Il désigne l’autorisation permettant de faire passer un bâtiment agricole, artisanal ou commercial vers un usage d’habitation. Selon les règles locales, cette conversion peut être acceptée, encadrée ou refusée.
Avant d’acheter, mieux vaut examiner plusieurs points concrets :
Dans une région humide comme les Asturies, l’isolation et la ventilation prennent une place particulière. Une rénovation mal conçue peut entraîner de l’humidité, des moisissures et une hausse des besoins en chauffage. Réduire les factures ne dépend donc pas seulement du tarif local de l’énergie : la qualité du bâti joue un rôle décisif.
Pour Ibon, le pari dépasse largement la question des euros économisés. Son installation répond à une aspiration ancienne : gagner en espace, en tranquillité et en autonomie. Entre les travaux de l’étable, le potager envisagé et la vie à très petite échelle, son quotidien est encore en construction.


