À Wushan, 905 mètres relient désormais les quartiers : le parcours de 21 minutes change le quotidien des habitants

En bref
La ville de Wushan a mis en service une infrastructure de 905 mètres composée de 21 escaliers mécaniques, 8 ascenseurs et 4 tapis roulants qui réduit le temps de trajet entre les quartiers bas et perchés d’une heure à environ 21 minutes.
L’essentiel en 3 points
  • Le 17 février 2026, Wushan a inauguré une liaison mécanisée de 905 mètres combinant 21 escaliers mécaniques, 8 ascenseurs et 4 tapis roulants pour relier ses quartiers séparés par 242 mètres de dénivelé.
  • Le parcours réduit le temps de déplacement de près d’une heure à environ 21 minutes, améliorant significativement la mobilité des habitants, des personnes âgées et des familles en relief extrême.
  • Avec une fréquentation estimée à 9 000 voyageurs quotidiens et 450 000 passages lors du Nouvel An chinois, l’ouvrage s’avère déjà très utilisé au-delà de l’effet de curiosité touristique.

Concrètement en France
  • Plusieurs villes françaises en relief, comme Lyon, Grasse ou Le Havre, utilisent déjà funiculaires, ascenseurs urbains ou escaliers mécaniques pour relier bas et hauts quartiers.
  • Le budget cité, environ 21 millions d’euros à titre indicatif, correspond en France à l’ordre de grandeur d’un équipement de transport urbain local, financé par la collectivité et ses partenaires.
  • En France, ce type d’ouvrage relève des transports publics locaux et doit répondre aux obligations d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.
  • À retenir : la mécanisation des dénivelés est une réponse possible là où le bus passe mal, mais elle suppose un entretien régulier et un coût de fonctionnement durable.
Les repères
  • À Wushan, un système de 905 mètres composé de 21 escaliers mécaniques, 8 ascenseurs et 4 tapis roulants relie désormais les quartiers bas et les secteurs en hauteur
  • Le parcours réduit le temps de trajet de près d’une heure à environ 21 minutes, transformant les déplacements quotidiens des habitants
  • La ville chinoise fait face à un relief très escarpé avec des pentes moyennes de 35 % et certaines portions proches de 60 %, ce qui a motivé cette infrastructure
  • Le projet a nécessité quatre ans de travaux et un budget d’environ 21 millions d’euros (23 millions de dollars)
  • L’installation accueille près de 9 000 voyageurs chaque jour et offre des points de vue panoramiques sur les gorges du Yangtsé
Chronologie
  • 17 février 2026 : Mise en service du système de déplacements mécaniques à Wushan
  • Festivités du Nouvel An chinois 2026 : Environ 450 000 passages enregistrés en quelques jours

Dans cette ville chinoise accrochée aux montagnes, rejoindre les hauteurs relevait autrefois d’un effort long et éprouvant.

Le 17 février 2026, Wushan a mis en service une infrastructure hors norme destinée à faciliter les déplacements entre ses quartiers bas et ses secteurs perchés. L’installation répond d’abord à une contrainte très concrète : ici, les rues montent brutalement et les habitants doivent composer avec un relief qui rend chaque trajet plus difficile.

Un parcours de 905 mètres conçu pour gravir la ville

L’ouvrage s’étire sur 905 mètres et franchit 242 mètres de dénivelé. Il ne s’agit pas d’un unique équipement continu, mais d’un long itinéraire mécanisé composé de 21 escaliers mécaniques, de huit ascenseurs, de quatre tapis roulants et de plusieurs passerelles réservées aux piétons.

Avant cette mise en service, les habitants devaient prévoir près d’une heure pour rejoindre certains quartiers situés en hauteur. Désormais, le même parcours demande environ 21 minutes. Pour les personnes âgées, les familles avec de jeunes enfants ou les salariés chargés de sacs et de courses, l’effet est immédiat.

À Wushan, un trajet autrefois physique et souvent décourageant devient une liaison quotidienne de 21 minutes entre le bas et le haut de la ville.

Le comté de Wushan a connu de profonds changements lors de la construction du barrage des Trois-Gorges. Une partie de la population a été déplacée et les nouveaux quartiers ont dû s’adapter à un terrain particulièrement escarpé. Certaines pentes affichent une inclinaison moyenne de 35 %, avec des portions proches de 60 %.

Dans un tel environnement, une ligne de bus classique ne suffit pas toujours. Les voies étroites, les embouteillages et les fortes montées compliquent les déplacements. Les responsables locaux ont donc étudié plusieurs pistes, dont un train et une cabine suspendue. Ils ont finalement privilégié une succession d’équipements mécaniques, mieux adaptée aux contraintes du site.

Quatre ans de travaux pour un budget d’environ 21 millions d’euros

Le chantier a duré quatre ans et son coût atteint 23 millions de dollars, soit environ 21 millions d’euros. Les concepteurs ont dû intégrer l’installation dans une pente déjà urbanisée, sans couper les accès existants entre les immeubles, les commerces et les routes.

La société suisse Schindler a fabriqué les éléments mécaniques dans une usine située près de Shanghai. L’entreprise connaît bien la région : elle a déjà fourni environ 1 400 équipements comparables pour le métro de Chongqing, grande métropole dont dépend Wushan.

Les structures vitrées donnent une impression de légèreté malgré les dimensions du projet. Elles protègent les voyageurs tout en laissant entrer la lumière et en ouvrant la vue sur les montagnes voisines. Trois plateformes panoramiques ponctuent le parcours.

Des panoramas sur les gorges du Yangtsé

Le trajet ne sert pas seulement à gagner du temps. Il offre aussi des points de vue sur les gorges du Yangtsé, le grand fleuve qui traverse cette partie de la Chine. De nuit, l’éclairage de la structure dessine une longue ligne lumineuse sur le flanc de la ville.

Cette dimension visuelle attire déjà des visiteurs. Les autorités locales veulent faire de l’installation un service public utile, tout en profitant de son potentiel touristique. L’équilibre reste délicat : les habitants doivent pouvoir emprunter l’ouvrage sans se retrouver bloqués par une affluence de curieux.

  • Longueur totale : 905 mètres.
  • Dénivelé franchi : 242 mètres.
  • Durée du parcours : environ 21 minutes.
  • Éléments installés : 21 escaliers mécaniques, 8 ascenseurs et 4 tapis roulants.
  • Fréquentation estimée : près de 9 000 voyageurs chaque jour.

Une liaison déjà très utilisée par les habitants

Près de 9 000 personnes emprunteraient chaque jour cette liaison verticale. Durant les festivités du Nouvel An chinois 2026, l’ensemble du parcours a enregistré environ 450 000 passages en quelques jours. Ces chiffres confirment que le projet répond à un besoin réel, bien au-delà de l’effet de curiosité lié à son inauguration.

Le tarif affiché au lancement est de 3 yuans, soit autour de 40 centimes d’euro. Ce montant pourrait évoluer. Les autorités souhaitent d’abord analyser les habitudes des usagers, les périodes de pointe et le coût de l’entretien avant d’arrêter une grille tarifaire durable.

Le prix provisoire est fixé à 3 yuans : la collectivité observe d’abord la fréquentation avant de choisir le tarif définitif.

Pour beaucoup de résidents, le gain ne se mesure pas uniquement en minutes. Éviter une montée raide peut représenter une différence majeure après une journée de travail, lors d’un déplacement médical ou pour transporter des achats. Les huit ascenseurs facilitent aussi le passage des poussettes, des fauteuils roulants et des personnes dont la mobilité est réduite.

Chongqing poursuit son adaptation aux reliefs extrêmes

La région de Chongqing est souvent présentée comme une ville verticale. Ses quartiers s’étendent entre collines, falaises, ponts et cours d’eau. Les transports y prennent donc des formes particulières : routes superposées, métros qui traversent des immeubles, ascenseurs urbains et liaisons sur pente.

Dès les années 1990, Chongqing avait déjà construit un escalier mécanique de 112 mètres pour connecter deux gares. Wushan pousse aujourd’hui cette logique beaucoup plus loin, avec un réseau segmenté qui transforme une pente urbaine en axe de circulation.

Pourquoi utiliser plusieurs sections plutôt qu’un seul appareil

Un équipement unique sur près d’un kilomètre serait difficile à entretenir, à sécuriser et à évacuer en cas d’incident. Le découpage en 21 sections permet de prévoir des sorties intermédiaires, de répartir les interventions de maintenance et de s’adapter aux changements de pente.

Les tapis roulants servent aux portions moins inclinées. Les ascenseurs offrent une alternative à ceux qui ne souhaitent pas emprunter les marches mobiles. Cette combinaison rend le parcours plus souple qu’une simple succession de volées d’escaliers.

L’ouvrage devra aussi faire face aux contraintes habituelles d’un site de montagne : humidité, pluies abondantes, variations de température et forte fréquentation touristique. Un nettoyage régulier des marches, des mains courantes et des zones vitrées sera nécessaire pour préserver la sécurité des voyageurs. À Wushan, la mobilité du quotidien se joue désormais aussi sur la qualité de cet entretien discret.

Questions fréquentes

Pourquoi Wushan a-t-elle construit cette infrastructure ?
La ville connaît un relief extrêmement accidenté, avec des pentes moyennes de 35 % et certaines portions proches de 60 %. Les habitants devaient autrefois prévoir une heure pour rejoindre les quartiers en hauteur. Cette infrastructure répond à une contrainte très concrète du terrain montagneux.
Combien de temps dure le parcours complet ?
Le trajet dure environ 21 minutes pour parcourir les 905 mètres et franchir 242 mètres de dénivelé. C’est une réduction considérable par rapport à la durée précédente d’une heure.
Pourquoi utiliser plusieurs escaliers mécaniques plutôt qu’un seul ?
Un équipement unique sur près d’un kilomètre serait difficile à entretenir, à sécuriser et à évacuer en cas d’incident. Le découpage en 21 sections permet de prévoir des sorties intermédiaires, de répartir la maintenance et de s’adapter aux variations de pente.
Combien coûte le trajet ?
Le tarif initial est fixé à 3 yuans, soit environ 40 centimes d’euro. Ce montant est provisoire : les autorités locales observent d’abord la fréquentation avant de déterminer le tarif définitif.
Qui a conçu et fabriqué les équipements ?
La société suisse Schindler a fabriqué les éléments mécaniques dans une usine près de Shanghai. L’entreprise connaît bien la région, ayant déjà fourni environ 1 400 équipements comparables pour le métro de Chongqing.


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