Vous n’arrivez pas à trouver la bonne personne ? Selon une étude, le problème viendrait de votre motivation profonde

En bref
Selon une étude canadienne auprès de plus de 4 000 célibataires, chercher une relation pour les bonnes raisons (partager un projet, intimité émotionnelle) oriente mieux vers une relation de qualité qu’une motivation basée sur la pression sociale ou le besoin de validation.
L’essentiel en 3 points
  • Une équipe de chercheurs canadiens a étudié les motivations de plus de 4 000 célibataires lors de leur recherche amoureuse et observé leurs progrès sur six mois.
  • Les personnes motivées par le plaisir d’être en relation et la qualité du lien se fixaient davantage d’objectifs relationnels concrets, tandis que celles cherchant à ne plus être célibataires par besoin de validation progressaient moins.
  • Les motivations autonomes (choisies librement) semblent plus efficaces que les motivations introjectées (basées sur la pression), et rester célibataire par choix personnel s’accompagne des meilleurs résultats en termes de satisfaction.

Concrètement en France
  • En France comme au Canada, la vie de célibataire concerne une part importante des adultes, notamment dans les grandes villes où les ménages d’une seule personne sont nombreux.
  • Les applications de rencontre y sont très répandues, ce qui rend concrète la distinction de l’étude entre multiplier les rendez-vous et chercher un lien de qualité.
  • Cette recherche reste une étude de psychologie menée à l’étranger, sans valeur de diagnostic individuel ni de recette applicable telle quelle.
  • À retenir : s’interroger sur ce que l’on attend vraiment d’une relation, plutôt que sur le seul fait d’être en couple, est le message principal de ces travaux.
Les repères
  • Une étude canadienne menée auprès de plus de 4 000 célibataires âgés de 18 à 39 ans examine le lien entre la motivation profonde et la réussite à former un couple
  • Les personnes motivées par le plaisir d’une relation et la qualité du lien se fixent des objectifs centrés sur l’intimité émotionnelle et l’engagement durable
  • Les célibataires cherchant principalement à ne plus être seuls, sans considération pour la qualité de la relation, progressent moins vers cet objectif
  • Six mois après le questionnaire initial, les participants estimaient en moyenne avoir atteint 41,7 % de leurs objectifs relationnels
Chronologie
  • Au départ de l’étude : 4 019 participants répondent à un questionnaire sur leur rapport à la vie de couple et notent jusqu’à trois objectifs personnels pour les six mois suivants
  • Six mois plus tard : 3 176 personnes répondent à un nouveau questionnaire et évaluent leurs progrès sur une échelle de 0 à 100 %

Au Canada, une étude s’intéresse aux raisons qui poussent les célibataires à chercher l’amour et à la manière dont elles orientent leurs attentes.

Publiée dans une revue scientifique et relayée par le média spécialisé PsyPost, cette recherche menée auprès de plusieurs milliers de célibataires suggère que l’objectif affiché ne suffit pas. La motivation qui se cache derrière la recherche d’une relation pèserait aussi sur les démarches entreprises et sur le sentiment de progresser.

Une étude menée auprès de plus de 4 000 célibataires

Laura Hawkins, doctorante en psychologie à l’université de Toronto, au Canada, a travaillé avec d’autres chercheurs sur les objectifs amoureux de personnes célibataires âgées de 18 à 39 ans.

Au départ, 4 019 participants ont répondu à un questionnaire portant sur leur rapport à la vie de couple. Ils devaient aussi noter jusqu’à trois objectifs personnels liés à leurs relations pour les six mois suivants. L’équipe a ensuite examiné près de 12 000 objectifs écrits et les a répartis en 41 thèmes.

Six mois plus tard, 3 176 personnes ont répondu à un nouveau questionnaire. Elles devaient évaluer leurs progrès sur une échelle allant de 0 à 100 %. En moyenne, elles estimaient avoir atteint 41,7 % de leurs objectifs.

La recherche ne mesure pas seulement le fait de former un couple : elle observe ce que les personnes espèrent réellement d’une relation.

Les objectifs recensés étaient variés. Certains participants voulaient rencontrer des personnes, renforcer leur intimité émotionnelle, vivre une relation saine ou construire une histoire durable. D’autres évoquaient le souhait de rester célibataires, d’améliorer leur situation financière, de gagner en assurance ou de faire davantage de rencontres.

Vouloir une relation pour les bonnes raisons

Les chercheurs se sont appuyés sur la théorie de l’autodétermination, un cadre en psychologie qui distingue plusieurs formes de motivation. L’idée est simple : une même action peut être engagée par plaisir, par choix personnel, par crainte du regard des autres ou parce que l’on se sent contraint.

Dans le cadre de la vie sentimentale, deux profils se distinguent dans l’étude. Les personnes motivées par le plaisir d’être en relation, ou par la valeur qu’elles accordent personnellement à une relation de couple, se fixaient plus souvent des objectifs liés à la qualité du lien.

  • Créer une intimité émotionnelle ;
  • Vivre des moments agréables à deux ;
  • Construire une relation équilibrée ;
  • Rechercher un engagement durable.

Laura Hawkins explique que son équipe cherchait à comprendre ce que les célibataires attendaient précisément d’une relation, s’ils en souhaitaient une. Les résultats montrent que le désir de couple ne recouvre pas une seule réalité. Pour certains, il s’agit avant tout de bâtir un lien qui leur correspond. Pour d’autres, le besoin d’être en couple peut prendre le pas sur la nature de la relation recherchée.

Le poids du besoin de validation

Un autre groupe rassemblait les personnes qui espéraient une relation afin de se rassurer, d’éviter un sentiment d’échec ou de renforcer leur estime d’elles-mêmes. Leur motivation, qualifiée d’introjectée par les chercheurs, semblait associée à des objectifs différents.

Ces participants se concentraient davantage sur le fait d’obtenir une relation, de multiplier les rendez-vous, d’avoir des relations sexuelles, de sortir davantage ou de travailler leur apparence et leur confiance. Ils étaient moins nombreux à citer l’intimité, la cohabitation ou une relation saine parmi leurs priorités.

Selon les résultats, chercher avant tout à ne plus être célibataire ne s’accompagne pas forcément d’une progression plus rapide vers une relation.

Laura Hawkins dit avoir été surprise par ce constat. « On pourrait penser qu’entrer dans une relation est plus facile qu’entrer dans une relation de qualité », indique-t-elle. Or, les personnes cherchant surtout à former un couple, sans considération pour sa qualité, ont déclaré moins avancer vers cet objectif pendant les six mois de suivi.

La chercheuse avance une explication avec prudence. Si une personne attend principalement du couple qu’il améliore son image d’elle-même, cette attente peut compliquer la création d’un lien sincère. « La raison pour laquelle elles veulent une relation pourrait en réalité éloigner des partenaires potentiels », estime-t-elle.

Rester célibataire peut aussi être un projet choisi

L’étude apporte aussi un éclairage sur les personnes qui ne cherchent pas de partenaire. L’absence de motivation pour la vie de couple était fortement liée au souhait de rester célibataire ou au fait de ne formuler aucun objectif amoureux.

Fait notable, ce groupe déclarait les progrès les plus élevés au terme des six mois. Cette donnée doit être lue avec précaution. Décider de rester célibataire dépend essentiellement de soi, tandis que bâtir une relation durable suppose aussi de rencontrer une personne compatible et de construire un projet à deux.

Laura Hawkins rappelle ainsi que tous les célibataires ne désirent pas nécessairement former un couple. D’après elle, les données ne montrent pas forcément un évitement des relations : certaines personnes poursuivent activement une vie célibataire qui leur convient.

Ce que l’on sait en France sur la liberté de rester célibataire

En France, le célibat n’a rien d’un statut juridique particulier : une personne peut vivre seule, être en couple sans être mariée, conclure un pacte civil de solidarité ou se marier. Le choix d’une relation, comme celui de rester célibataire, relève de la vie privée.

Cette étude canadienne ne donne pas une recette pour rencontrer quelqu’un et ne permet pas de prédire le parcours amoureux d’une personne. Elle met plutôt en avant une question utile : recherche-t-on une relation pour partager un projet et une proximité, ou pour répondre à une pression ressentie dans son entourage ?

Une question à se poser avant de multiplier les rencontres

La pression sociale peut prendre des formes discrètes : comparaisons avec des amis en couple, remarques familiales, peur d’être seul lors d’événements collectifs ou sentiment de devoir correspondre à une norme. Ces facteurs ne disent rien, à eux seuls, de la capacité d’une personne à vivre une relation heureuse.

Dans l’étude, les motivations autonomes semblent davantage orienter les participants vers des critères relationnels concrets, comme la confiance, l’intimité ou l’engagement. À l’inverse, viser uniquement le statut de personne en couple peut faire perdre de vue la compatibilité et le bien-être dans la relation.

Les auteurs signalent plusieurs limites. Ils n’ont pas étudié séparément les effets de l’âge, du genre, de l’orientation sexuelle ou du contexte culturel. Les progrès déclarés reposaient aussi sur l’évaluation des participants eux-mêmes, ce qui peut introduire une part de subjectivité.

Pour Laura Hawkins, la question du partenaire idéal commence peut-être par une réflexion personnelle : comprendre pourquoi l’on souhaite être en couple pourrait influencer le type de relation que l’on cherche réellement.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une motivation autonome et une motivation introjectée en matière de relations ?
Une motivation autonome signifie rechercher une relation par plaisir personnel et pour construire un lien de qualité. Une motivation introjectée consiste à chercher une relation pour se rassurer, éviter un sentiment d’échec ou répondre à la pression sociale. Selon l’étude, la première oriente vers des objectifs plus sains et mène à une meilleure progression.
Les célibataires qui veulent absolument trouver un partenaire progressent-ils plus vite ?
Non, contrairement aux attentes. L’étude montre que les personnes cherchant surtout à ne plus être célibataires, sans considération pour la qualité de la relation, ont déclaré moins avancer vers cet objectif que celles motivées par la qualité du lien lui-même.
Comment cette étude a-t-elle été menée ?
Les chercheurs ont interrogé 4 019 célibataires âgés de 18 à 39 ans sur leurs objectifs amoureux, répertorié près de 12 000 objectifs en 41 thèmes, puis suivi 3 176 participants six mois plus tard pour évaluer leur progression sur une échelle de 0 à 100 %.
Rester célibataire par choix est-il mauvais ?
Pas du tout. L’étude montre que les personnes souhaitant rester célibataires ont déclaré les progrès les plus élevés, car elles poursuivent un projet qui leur correspond personnellement. Laura Hawkins rappelle que tous les célibataires ne désirent pas nécessairement former un couple.
Quelles limites cette étude présente-t-elle ?
Les chercheurs n’ont pas étudié séparément les effets de l’âge, du genre, de l’orientation sexuelle ou du contexte culturel. De plus, les progrès reposaient sur l’auto-évaluation des participants, ce qui introduit une part de subjectivité.


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