- Silvio Garattini, pharmacologue italien de 97 ans, attribue sa forme à une marche quotidienne de cinq kilomètres à allure rapide plutôt que de se fier au simple comptage des pas.
- Une étude australienne menée sur 64 743 personnes confirme que le rythme de marche importe autant que le nombre de pas, avec une réduction du risque de mortalité jusqu’à 28 % chez les marcheurs rapides.
- Une marche physiquement bénéfique se caractérise par une respiration accélérée, un cœur qui s’accélère et une conversation moins fluide, sans devenir un effort extrême, et peut débuter à tout âge.
Concrètement en France
- En France, les recommandations officielles de santé publique insistent aussi sur une activité physique d’intensité modérée à soutenue, plutôt que sur un simple total de pas.
- Le repère le plus simple reste le test de la conversation : vous devez pouvoir parler, mais plus chanter, signe que l’allure est réellement soutenue.
- Les montres et applications de téléphone largement utilisées en France affichent souvent une cadence en pas par minute, ce qui permet de vérifier son rythme sans matériel particulier.
- Avant d’augmenter nettement l’intensité, notamment après 60 ans ou en cas de problème cardiaque connu, un avis médical préalable reste conseillé.
Les repères
- Silvio Garattini, pharmacologue italien de 97 ans, attribue sa forme à une marche quotidienne de 5 kilomètres à allure soutenue
- Une étude australienne de 2026 montre que l’intensité de la marche compte autant que le nombre de pas pour réduire le risque de mortalité
- Une marche efficace provoque un effort perceptible : respiration accélérée, cœur qui s’accélère et conversation moins fluide, sans essoufflement extrême
- À cadence rapide (80 à 100 pas par minute), même moins de 5 000 pas quotidiens réduisent le risque de décès de jusqu’à 28 % comparé à une marche lente
- 1928 : Naissance de Silvio Garattini à Bergame
- 1963 : Fondation de l’Institut de recherches pharmacologiques Mario Negri à Milan
- septembre 2024 : Entretien de Silvio Garattini au quotidien Corriere della Sera détaillant son habitude de marche
- 8 septembre 2026 : Publication de l’étude australienne sur la marche et la mortalité dans une revue médicale britannique
En Italie, un chercheur de 97 ans attribue une part de sa forme à une marche quotidienne qui sollicite réellement son organisme.
Silvio Garattini, pharmacologue et fondateur de l’Institut de recherches pharmacologiques Mario Negri, à Milan, continue de se rendre au travail et de participer à des recherches. Le média d’information argentin Infobae rapporte que sa routine repose sur cinq kilomètres de marche par jour, réalisés à une allure soutenue.
Une marche qui doit faire travailler le cœur
Né à Bergame en 1928, Silvio Garattini a fondé son institut en 1963. Cet organisme de recherche à but non lucratif possède un siège à Milan ainsi qu’un second site à Bergame. À 97 ans, le scientifique italien défend une idée simple : l’activité physique ne se limite pas à accumuler des pas.
Lors d’un entretien accordé au quotidien italien Corriere della Sera en septembre 2024, il avait détaillé son habitude. « J’essaie de faire au moins cinq kilomètres par jour, et même actuellement, je cherche à maintenir cet objectif », avait-il expliqué.
Pour lui, la distance ne suffit pas. « Mais je le fais à un rythme relativement rapide, car autrement il n’y a pas d’effet aérobie », avait-il précisé.
Selon Silvio Garattini, une marche utile sur le plan physique doit provoquer un léger effort : une respiration plus difficile et une accélération du rythme cardiaque.
Le chercheur distinguait ainsi la promenade tranquille de l’exercice physique. « Il doit y avoir une certaine fatigue, avec une respiration plus difficile et une augmentation de la fréquence cardiaque. Marcher en regardant les vitrines n’est pas une activité physique », avait-il affirmé au journal italien.
La vitesse compte autant que le nombre de pas
Cette position rejoint les résultats d’une étude publiée le 8 septembre 2026 dans une revue médicale britannique consacrée à la médecine du sport. Des chercheurs de l’université de Sydney, en Australie, ont étudié les données de 64 743 personnes âgées de 40 à 69 ans, suivies pendant huit ans en moyenne.
Les participants étaient issus de la biobanque du Royaume-Uni et portaient des dispositifs mesurant leur activité. Les chercheurs ont comparé le volume quotidien de pas et l’intensité de la marche avec le risque de décès au cours du suivi.
Leur constat est net : le rythme de marche semble compter autant que le total de pas effectué chaque jour. Chez les personnes faisant moins de 5 000 pas quotidiens, celles qui marchaient à une allure plus vive, autour de 80 pas par minute, présentaient un risque de décès jusqu’à 28 % inférieur à celui des personnes parcourant une distance comparable lentement.
Pour les participants atteignant entre 7 500 et 10 000 pas par jour, le niveau de risque le plus faible se situait autour de 100 pas par minute. Cette cadence correspond à une marche énergique.
Les résultats associent une marche plus rapide à un risque de mortalité plus faible, y compris lorsque le nombre de pas reste inférieur à 5 000 par jour.
Les auteurs ont souligné que les recommandations fondées sur les pas gagneraient à tenir compte de deux éléments : le nombre de pas et leur intensité. L’étude reste observationnelle. Elle met donc en évidence une association, sans démontrer à elle seule qu’une allure soutenue est la cause directe de la baisse du risque observée.
Comment reconnaître une allure soutenue
Une marche énergique ne demande pas forcément de courir. Elle se reconnaît surtout aux sensations : le souffle s’accélère, le cœur bat plus vite et la conversation devient moins fluide, sans devenir impossible. Silvio Garattini insiste précisément sur cette notion d’effort perceptible.
- La marche reste régulière et volontaire.
- La respiration s’accélère sans entraîner d’essoufflement extrême.
- Le corps ressent une fatigue modérée.
- Le rythme peut être maintenu durant une période adaptée à ses capacités.
Le terme « aérobie » désigne un effort pendant lequel les muscles utilisent l’oxygène pour produire l’énergie nécessaire au mouvement. La marche rapide, le vélo à allure modérée ou la natation peuvent relever de ce type d’activité, selon l’intensité fournie par chacun.
Les repères de Silvio Garattini sur la durée d’activité
Dans le même entretien de 2024, le pharmacologue avait aussi évoqué un repère compris entre 150 et 300 minutes d’activité physique par semaine. Il y voyait une fourchette cohérente avec les recommandations émises par de grands organismes de santé.
« Ce qui est fait au-delà de ce seuil ne comporte fondamentalement aucun avantage », avait-il estimé. Cette phrase reflète son point de vue sur le volume d’exercice. Elle ne signifie pas que toute activité supplémentaire est nocive : les capacités, les objectifs et les antécédents médicaux diffèrent selon les personnes.
Son message s’adresse aussi aux personnes âgées ou sédentaires. « Il n’est jamais trop tard, même à 80 ans on peut commencer à marcher. C’est toujours mieux que de rester immobile », avait-il déclaré.
Ce que préconisent les repères de santé en France
En France, les recommandations de santé publique vont dans le même sens sur un point : l’activité physique régulière fait partie des comportements favorables à la santé, quel que soit l’âge. La marche constitue une solution accessible, car elle ne nécessite ni abonnement, ni équipement complexe, ni lieu spécifique.
Les recommandations internationales relayées par les autorités sanitaires proposent aux adultes une activité d’intensité modérée répartie au cours de la semaine. Chez les personnes qui reprennent après une longue période d’inactivité, une progression graduelle reste préférable. Commencer par des trajets courts, puis allonger la durée ou accélérer légèrement l’allure, peut éviter de transformer une nouvelle habitude en effort trop brutal.
Les personnes souffrant de douleurs thoraciques, d’essoufflement inhabituel, de malaise, de troubles de l’équilibre ou d’une pathologie chronique doivent demander un avis médical avant d’augmenter nettement leur activité. Une marche dynamique n’a pas le même niveau d’exigence pour tout le monde.
Une habitude à adapter au quotidien
Les cinq kilomètres parcourus par Silvio Garattini correspondent à sa propre routine et à sa condition. Ils ne constituent pas un objectif universel à reproduire sans adaptation. L’enseignement de son témoignage porte davantage sur la régularité et sur l’intention de marcher avec une certaine énergie.
Un déplacement à pied peut ainsi prendre une autre dimension : descendre un arrêt plus tôt, choisir un itinéraire légèrement plus long ou réserver un créneau de marche dans la journée. Pour une personne peu active, l’effet cumulatif de ces temps de marche peut déjà aider à rompre les longues périodes passées assise.
L’étude australienne rappelle enfin qu’un compteur de pas ne raconte pas toute l’histoire. Deux personnes peuvent afficher le même total quotidien, tout en fournissant un effort très différent. La quantité compte, mais le rythme peut aussi modifier la manière dont le corps répond à la marche.


