- Les employés de la compagnie aérienne australienne Jetstar ont cessé de facturer certains suppléments pendant 24 heures, du 23 au 24 septembre, pour peser sur les négociations salariales et les conditions de travail.
- Le syndicat Australian Services Union réclame des augmentations de salaires, de meilleures majorations pour les horaires matinaux et les heures supplémentaires, ainsi que des droits renforcés aux absences rémunérées.
- Jetstar prépare pour février 2027 un nouveau supplément payant permettant un accès prioritaire aux coffres à bagages en cabine, inspiré du modèle de Ryanair.
Concrètement en France
- En France, le droit de grève est constitutionnel et n’impose pas d’arrêt total du travail, mais des actions consistant à travailler en refusant d’appliquer les tarifs de l’employeur sont généralement analysées comme des exécutions fautives du contrat plutôt que comme une grève protégée.
- Dans le transport aérien français, un préavis de grève et une déclaration individuelle préalable des salariés concernés sont prévus par la réglementation, afin de permettre aux compagnies d’informer les passagers en amont.
- Le modèle des frais annexes (bagage cabine, choix du siège, enregistrement tardif) est aussi le coeur des recettes des compagnies à bas coût opérant en France, où il fait régulièrement l’objet de débats sur la transparence des prix.
- Une grève chez une compagnie aérienne n’ouvre pas systématiquement droit à indemnisation, car elle peut être considérée comme une circonstance extraordinaire selon les cas, mais la prise en charge des passagers reste due.
Les repères
- Grève inédite chez Jetstar en Australie : les salariés ont refusé de facturer les bagages excédentaires, les changements de siège et l’enregistrement tardif pendant vingt-quatre heures
- L’Australian Services Union réclame des hausses de salaires, de meilleures majorations pour les heures matinales et supplémentaires, ainsi que des droits renforcés aux absences rémunérées
- L’action a coïncidé avec les vacances scolaires en Victoria et Queensland, ainsi que la finale de l’Australian Football League à Melbourne, période chargée pour les voyages
- Jetstar affirme mener des discussions constructives et présenter une offre jugée équitable, comprenant des salaires plus élevés, des majorations et des plannings flexibles
- À partir de février 2027, Jetstar prévoit de facturer un accès prioritaire aux coffres à bagages au-dessus des sièges, une première en Australie
- 23 septembre à 0 h 01 : Début de la grève des salariés de Jetstar refusant de percevoir les frais optionnels
- 24 septembre : Fin de la grève après vingt-quatre heures de mobilisation
- Février 2027 : Jetstar prévoit de mettre en place un supplément pour l’accès prioritaire aux coffres à bagages
En Australie, un mouvement social mené chez Jetstar a pris une forme inhabituelle, à l’approche d’une période chargée pour les voyageurs.
Les salariés de la compagnie à bas prix Jetstar ont choisi de ne plus encaisser certaines options payantes durant vingt-quatre heures. Cette mobilisation, rapportée par le quotidien australien Sydney Morning Herald, visait à peser sur des négociations salariales et sur les conditions de travail au sein de la filiale de Qantas.
Des suppléments facturés à zéro dollar
L’action s’est déroulée du mercredi 23 septembre à 0 h 01 au jeudi 24 septembre. Durant cette période, des employés de Jetstar ont refusé de percevoir plusieurs frais habituellement réclamés aux passagers. Dans certains cas, les options ont été enregistrées à zéro dollar australien.
Les voyageurs pouvaient ainsi éviter des frais liés à un bagage dépassant les limites prévues, à un changement de siège ou à un enregistrement effectué tardivement. Le mouvement n’a pas perturbé l’accueil des clients, ni le fonctionnement habituel des vols, selon les éléments rapportés par le quotidien australien.
Durant vingt-quatre heures, la protestation a directement bénéficié aux passagers, sans provoquer d’arrêt du trafic aérien.
Le calendrier n’était pas anodin. L’opération a coïncidé avec les vacances scolaires dans les États de Victoria et du Queensland. Elle s’est aussi tenue pendant la semaine de la finale de l’Australian Football League à Melbourne, un rendez-vous susceptible d’augmenter les déplacements dans le pays.
Une pression sur les négociations sociales
Cette action a été soutenue par l’Australian Services Union, le syndicat qui représente une partie des salariés concernés. L’organisation réclame des hausses de salaires, de meilleures majorations pour les prises de service très matinales et les heures supplémentaires, ainsi que des droits renforcés à des absences rémunérées.
Ces absences concernent notamment les maladies et les urgences personnelles ou familiales. Scott Cowen, représentant de l’Australian Services Union, a résumé la position du syndicat : « Nos membres ne perçoivent pas de frais supplémentaires tant que Jetstar ne prend pas son personnel au sérieux. »
Le choix de bloquer l’encaissement, plutôt que le travail lui-même, constitue une forme de mobilisation particulière. Les salariés restent auprès des clients et assurent le service, tout en privant temporairement l’entreprise d’une partie de ses recettes annexes. Dans le modèle économique des compagnies à bas prix, ces frais peuvent concerner de nombreux services facturés séparément du billet.
- Les excédents de bagages ;
- Les changements de siège ;
- L’enregistrement tardif ;
- D’autres options habituellement payantes au moment du voyage.
Jetstar affirme vouloir maintenir son activité
Jetstar a indiqué au Sydney Morning Herald mener des discussions constructives avec le syndicat. La compagnie a assuré ne pas prévoir de conséquence sur ses opérations aériennes.
L’entreprise affirme avoir présenté une offre qu’elle juge complète et équitable. Celle-ci comprendrait des salaires plus élevés, des majorations et des indemnités, ainsi que des plannings plus flexibles. Jetstar souhaite aussi poursuivre l’extension de sa flotte et de son réseau de lignes, malgré la hausse des coûts du carburant, tout en conservant des prix bas.
La compagnie appartient à Qantas, grand groupe aérien australien. Jetstar est sa filiale à bas prix. Son modèle repose sur des billets d’appel auxquels peuvent s’ajouter des services payants choisis par les voyageurs selon leurs besoins.
Une future option pour l’accès aux coffres à bagages
Le conflit intervient alors que Jetstar prépare aussi un nouveau supplément. À partir de février 2027, la compagnie prévoit de faire payer un accès prioritaire aux coffres situés au-dessus des sièges. Elle présente cette mesure comme une première en Australie.
Selon la liaison, cette option doit coûter entre 25 dollars australiens, soit environ 15 euros, et 52 dollars australiens, environ 32 euros. Les clients qui la choisissent pourront embarquer les premiers et ranger leur bagage à main avant les autres passagers.
Jetstar veut proposer un embarquement anticipé associé à la possibilité de ranger plus vite son bagage à main dans les coffres de cabine.
Le dispositif s’inspire de celui utilisé par Ryanair. Pour les voyageurs, l’enjeu dépasse le simple confort : sur des vols très remplis, les coffres à bagages peuvent manquer de place. Un bagage à main peut alors être placé en soute, ce qui peut rallonger l’attente à l’arrivée.
Ce qui s’applique en France et dans l’Union européenne
La situation australienne ne modifie pas les règles applicables aux voyageurs au départ de la France. Dans l’Union européenne, un mouvement social peut avoir des conséquences très différentes lorsqu’il entraîne une annulation ou un retard important.
D’après les règles européennes relatives aux droits des passagers aériens, une indemnisation peut être envisageable lorsqu’une grève concerne le personnel de la compagnie et qu’un vol est annulé ou arrive avec un retard d’au moins trois heures. Chaque dossier dépend toutefois des circonstances précises du vol et de la responsabilité de la compagnie.
Les règles européennes concernent en principe les vols qui partent d’un aéroport de l’Union européenne. Pour un retour depuis un pays hors de l’Union, elles s’appliquent généralement lorsque le trajet est assuré par une compagnie européenne.
Indépendamment d’une éventuelle indemnisation, le transporteur doit proposer une solution de réacheminement ou un remboursement selon la situation. Il doit aussi prendre en charge l’assistance nécessaire, comme les repas, les moyens de communication et, si l’attente l’exige, l’hébergement.
Vérifier les options avant de payer
Les suppléments constituent souvent une part visible du prix final d’un voyage en avion. Le choix du siège, le bagage en cabine, la priorité d’embarquement ou l’enregistrement peuvent être proposés séparément. Lire les conditions tarifaires avant le paiement permet de vérifier ce qui est réellement inclus dans le billet.
Dans le cas de Jetstar, la journée de mobilisation a offert un avantage ponctuel à certains clients. Elle rappelle aussi que les frais annexes sont devenus un enjeu à la fois commercial et social dans le transport aérien à bas prix.


