Logan Poirson, friturier vendéen, décroche un trophée à Arras : son grand-père lui avait lancé un défi

En bref
À Arras, une compétition a réuni des professionnels venus défendre leur savoir-faire autour d’un produit populaire et exigeant.
L’essentiel en 3 points
  • Les championnats du monde de la frite ne se résument pas à remplir un cornet. Les candidats doivent montrer leur maîtrise de la cuisson, la régularité de la découpe, le choix de la variété de pomme de terre…
  • À peine descendu du podium, le friturier n’a pas parlé uniquement de sa performance. Il a d’abord pensé à son grand-père, dont c’était l’anniversaire ce jour-là. Avant la compétition, celui-ci lui avait lancé un encouragement simple, presque comme…
  • Le nouveau champion n’a pas oublié les personnes qui travaillent en amont. Il a notamment évoqué son producteur de pommes de terre, confronté à une période compliquée. Pour Logan Poirson, la récompense dépasse donc le seul cadre d’un…

Le samedi 26 septembre, les effluves d’huile chaude et de pommes de terre ont envahi le centre-ville d’Arras, dans le Pas-de-Calais. Parmi les concurrents présents pour la quatrième édition des championnats du monde de la frite, un artisan installé en Vendée a marqué les esprits. Son parcours mêle transmission familiale, persévérance et attachement à ses producteurs.

Un concours très disputé au cœur d’Arras

Les championnats du monde de la frite ne se résument pas à remplir un cornet. Les candidats doivent montrer leur maîtrise de la cuisson, la régularité de la découpe, le choix de la variété de pomme de terre et l’équilibre du résultat final. Une frite réussie doit être dorée, croquante sur l’extérieur et fondante à l’intérieur.

Pour Logan Poirson, cette étape à Arras représentait l’aboutissement d’une progression déjà visible dans les concours nationaux. Le professionnel avait terminé quatrième du championnat de France et figuré parmi les cinq premiers de la Coupe de France. Des résultats solides, sans encore atteindre la première marche.

Cette fois, le Vendéen a trouvé la recette qui a convaincu le jury dans la catégorie consacrée à la frite préparée selon les méthodes traditionnelles. Il repart avec le titre mondial, une récompense qui donne une autre dimension à son établissement et à son histoire personnelle.

À Arras, Logan Poirson a remporté le titre mondial dans la catégorie de la frite préparée selon la tradition.

Un hommage personnel derrière la victoire

À peine descendu du podium, le friturier n’a pas parlé uniquement de sa performance. Il a d’abord pensé à son grand-père, dont c’était l’anniversaire ce jour-là. Avant la compétition, celui-ci lui avait lancé un encouragement simple, presque comme un ordre affectueux : aller chercher cette coupe.

« Il m’avait dit : “Vas-y gamin, va me la chercher.” La voilà. Cette victoire, c’est pour lui », a confié Logan Poirson après la remise du trophée.

Cette dédicace éclaire le parcours du lauréat. Chez les Poirson, la culture de la frite ne date pas d’hier. L’activité familiale remonte aux années 1960. Le savoir-faire s’est transmis au fil des générations, avec les gestes du métier, l’attention portée aux produits et le goût du contact avec les clients.

Logan Poirson est né en Belgique, pays où la frite occupe une place à part dans la culture populaire. Installé depuis vingt-deux ans en Vendée, il a gardé cet héritage tout en façonnant sa propre manière de travailler. Après avoir parcouru plusieurs régions françaises afin de perfectionner sa technique, il a créé sa baraque à frites en 2004.

Une activité vendéenne nourrie par les traditions du Nord

Son commerce, établi en Vendée, revendique les codes des baraques à frites du Nord : des portions généreuses, une cuisson suivie de près et une relation directe avec le public. Ce modèle repose aussi sur une organisation rigoureuse. Derrière un service qui paraît simple, chaque détail compte.

  • La sélection des pommes de terre selon leur tenue à la cuisson ;
  • Le lavage, l’épluchage et la découpe régulière ;
  • Le séchage avant le bain de cuisson, afin de limiter les projections ;
  • La maîtrise de la température de l’huile ;
  • Le rythme du service pour éviter qu’une portion ne perde son croustillant.

La reconnaissance obtenue à Arras peut attirer de nouveaux clients vers son établissement. Elle constitue aussi une vitrine pour les artisans qui font vivre ce type de restauration populaire, souvent associée aux marchés, aux fêtes locales et aux rendez-vous sportifs.

Le producteur de pommes de terre au centre de ses pensées

Le nouveau champion n’a pas oublié les personnes qui travaillent en amont. Il a notamment évoqué son producteur de pommes de terre, confronté à une période compliquée. Pour Logan Poirson, la récompense dépasse donc le seul cadre d’un concours culinaire. Elle doit aussi créer un élan pour un partenaire agricole essentiel à son activité.

Le friturier espère que cette visibilité contribuera à augmenter les commandes et, par ricochet, les volumes achetés à son fournisseur. Dans ce métier, la qualité du produit brut conditionne largement le résultat dans l’assiette. Une bonne technique ne compense pas une pomme de terre mal adaptée ou trop chargée en eau.

Le trophée devient aussi une promesse faite à un producteur : vendre davantage de pommes de terre grâce à la notoriété gagnée à Arras.

Pourquoi la double cuisson fait la différence

La cuisson en deux temps reste l’une des méthodes les plus utilisées par les professionnels. Le premier passage dans l’huile cuit la pomme de terre à cœur, sans chercher une coloration trop forte. Après un temps de repos, un second bain, plus chaud, forme la croûte dorée et croustillante.

Cette méthode demande de la précision. Une huile insuffisamment chaude rend la frite grasse. Une température trop élevée colore l’extérieur avant que l’intérieur soit tendre. Les variétés à chair farineuse, riches en matière sèche, sont souvent recherchées car elles absorbent moins d’huile et offrent une texture plus légère.

Une reconnaissance qui dépasse la simple récompense

Pour Logan Poirson, ce titre pourrait ouvrir une nouvelle période. La distinction donne de la visibilité à son commerce vendéen, mais elle met aussi en lumière une profession où l’expérience se transmet beaucoup par l’observation et la répétition des gestes.

Le parcours de cet artisan rappelle qu’une spécialité aussi familière que la frite repose sur une chaîne complète : des agriculteurs aux équipes de service, en passant par le choix du matériel et le respect des temps de cuisson. À Arras, cette chaîne a trouvé une belle reconnaissance, portée par une histoire de famille commencée plusieurs décennies plus tôt.


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