- Le concours Wildlife Photographer of the Year 2026 établit un record avec 65 000 soumissions provenant de 121 pays et territoires pour cette 62e édition.
- Une première sélection de 100 photographies récompensées sera exposée au Natural History Museum de Londres du 16 octobre 2026 au 11 juillet 2027.
- Les images sélectionnées montrent des scènes variées : relations de prédation, interactions entre espèces, faune urbaine et environnements marins, jugées sur la créativité, l’originalité, la maîtrise technique et le pouvoir narratif.
Concrètement en France
- Le Wildlife Photographer of the Year circule régulièrement sous forme d’exposition itinérante, et des étapes françaises ont déjà eu lieu par le passé, ce qui peut éviter un déplacement à Londres.
- Le concours est ouvert aux photographes de toutes nationalités, y compris français, avec des catégories dédiées aux adolescents.
- En France, photographier la faune sauvage reste soumis aux règles de protection des espèces et des espaces naturels, notamment dans les parcs nationaux et les réserves, où le dérangement des animaux peut être sanctionné.
- À retenir : la valeur de ces images tient autant au point de vue et à la patience du photographe qu’au matériel utilisé.
Les repères
- Le concours Wildlife Photographer of the Year atteint un record avec plus de 65 000 photos soumises pour sa 62e édition
- 100 photographies récompensées sont présentées en avant-première, provenant de 121 pays et territoires
- Les images sont évaluées selon quatre critères : créativité, originalité, maîtrise technique et capacité à raconter une histoire
- L’exposition se tiendra au Natural History Museum de Londres à partir du 16 octobre 2026 jusqu’au 11 juillet 2027
- 16 octobre 2026 : ouverture de l’exposition au Natural History Museum de Londres
- 11 juillet 2027 : fermeture de l’exposition
À Londres, la photographie animalière met en lumière des scènes rares, parfois fragiles, issues de 121 pays et territoires.
Le concours organisé au Royaume-Uni par le Natural History Museum de Londres dévoile un aperçu de sa sélection 2026. Le site culturel américain My Modern Met rapporte que plus de 65 000 clichés ont été soumis cette année, un record pour cette 62e édition du Wildlife Photographer of the Year.
Cent images déjà retenues avant l’ouverture de l’exposition
Le Natural History Museum a choisi de présenter en avant-première 100 photographies récompensées. Le public pourra voir l’ensemble de la sélection à Londres à partir du vendredi 16 octobre 2026. L’exposition restera ouverte jusqu’au 11 juillet 2027.
Les prix des différentes catégories, ainsi que les deux distinctions majeures du concours, seront annoncés lors de l’ouverture. Le concours distingue aussi de jeunes photographes, avec des catégories réservées aux 11-14 ans et aux 15-17 ans.
Plus de 65 000 images ont été examinées anonymement selon quatre critères : la créativité, l’originalité, la maîtrise technique et la capacité à raconter une histoire.
Cette procédure vise à faire juger les photographies sans que la notoriété ou la nationalité de leur auteur ne pèse sur le choix. Les images retenues proviennent de 121 pays et territoires. Elles montrent autant les rapports de prédation que la cohabitation entre les espèces, les paysages marins ou la faune vivant à proximité des villes.
Un ours polaire vu depuis la glace arctique
Parmi les images distinguées figure celle du Norvégien Audun Rikardsen. Sa photographie montre un ours polaire observant un trou de respiration dans la banquise arctique. Le point de vue place le spectateur à la hauteur d’un phoque, sous l’animal qui regarde à travers la glace.
Cette image, saluée dans la catégorie des portraits animaliers, illustre le rôle déterminant du cadrage. Le photographe ne se contente pas de montrer l’ours : il donne à voir une scène depuis la position potentielle de sa proie. Le trou de respiration est un élément vital pour les phoques vivant sous la banquise, puisqu’il leur permet de remonter prendre de l’air.
Des scènes de chasse aux relations entre espèces
La sélection rassemble des situations très différentes :
- en Afrique, Jens Cullmann photographie une grenouille-taureau africaine qui tente d’attraper un papillon, sans y parvenir ;
- en Afrique du Sud, Ernest Porter saisit un pique-bœuf nettoyant son bec contre la peau d’un rhinocéros ;
- dans le delta de l’Okavango, au Botswana, Allegra Hutton montre un jeune léopard poursuivant un écureuil dans un arbre ;
- dans un fjord norvégien, Vegard Byrkjeland Aasen observe une orque adulte soutenant le corps d’un petit dans une eau glaciale ;
- en Californie du Sud, Loren Elliott photographie un ours noir qui s’arrête dans une piscine.
La photographie d’Ernest Porter évoque une interaction entre deux animaux aux fonctions distinctes. Le pique-bœuf se nourrit notamment de parasites présents sur les grands mammifères. Le cliché montre l’oiseau frottant son bec sur la peau du rhinocéros dans la lumière de l’après-midi.
À l’inverse, l’image d’Allegra Hutton restitue la tension immédiate d’une poursuite. Le léopard et l’écureuil disparaissent presque dans la verticalité de l’arbre, tandis que la scène rappelle que les comportements de prédation constituent une part ordinaire de la vie sauvage.
De la faune urbaine aux océans
Le concours ne se limite pas aux animaux associés aux grands espaces isolés. Sora Miyazawa, au Japon, a photographié un crapaud japonais oriental circulant dans une rue après la pluie. Loren Elliott a, lui, observé un ours noir dans une piscine californienne. Ces scènes témoignent des contacts fréquents entre les animaux et les espaces façonnés par les humains.
Plusieurs images se déroulent aussi dans l’eau. Ralph Pace a immortalisé un lièvre de mer progressant dans un herbier marin de la baie de Monterey, aux États-Unis. Shane Gross s’est approché lentement d’un banc de carangues à gros yeux alors qu’un orage approchait. Dans ces environnements, la lumière, le mouvement de l’eau et la distance avec les animaux compliquent fortement la prise de vue.
« Ces photographies nous rappellent à la fois ce qui est en jeu et ce qui mérite d’être protégé », a déclaré Doug Gurr, directeur du Natural History Museum de Londres.
Selon lui, l’exposition offre l’occasion de voir la planète « à travers les yeux de certains des photographes les plus talentueux au monde ». Il souligne aussi la pression croissante qui pèse sur la nature.
Une présence française dans les images distinguées
La France figure dans cette première sélection grâce à Andrea et Maceo Grammatico. Leur photographie adopte le point de vue d’un serpent et montre un moustique en train de boire le sang d’une vipère venimeuse. L’image a été remarquée dans la catégorie des portraits animaliers.
Un autre cliché, signé Jack Crockford au Royaume-Uni, rapproche un martinet volant à basse altitude et un avion en approche de l’aéroport de Heathrow. L’écho visuel entre les deux silhouettes associe un oiseau connu pour son agilité aérienne à une infrastructure majeure du transport humain.
Le photojournalisme est aussi représenté par Pietro Rojas. Son image, prise à Doha, documente un ours brun muselé, attaché à une petite moto, tournant dans une piste de cirque. Elle s’éloigne des scènes naturalistes habituelles pour montrer un animal placé dans une situation de captivité et de spectacle.
Ce que ce concours rappelle en France
En France, l’observation de la faune sauvage impose de ne pas perturber les animaux, en particulier pendant la reproduction, l’alimentation ou le repos. Le respect des distances reste une règle de prudence utile, tant pour la sécurité des personnes que pour limiter le dérangement des espèces.
Les espaces naturels protégés français, comme les parcs nationaux et de nombreuses réserves naturelles, peuvent appliquer des règles spécifiques concernant la circulation, la présence d’animaux domestiques ou l’accès à certaines zones. Avant une sortie photo, il convient de vérifier les consignes locales affichées par le gestionnaire du site.
Photographier sans mettre la scène en danger
Une photographie animalière forte ne dépend pas seulement d’un matériel performant. La patience, la connaissance du comportement des espèces et la discrétion comptent tout autant. Se rapprocher inutilement d’un animal, le nourrir pour attirer son attention ou modifier son environnement peut fausser son comportement et créer un risque.
Les images sélectionnées à Londres montrent aussi l’intérêt d’une approche plus large : photographier une trace, un habitat, une interaction ou la présence d’animaux en ville permet souvent de raconter une histoire sans chercher une proximité excessive. Dans le cas de l’ours polaire d’Audun Rikardsen, le choix du point de vue suffit à transformer une scène d’observation en récit visuel sur la survie dans l’Arctique.


