- Le robot humanoïde Lightning, conçu par Honor, aurait couru 100 mètres en 9,32 secondes à Pékin, surpassant le record mondial d’Usain Bolt de 0,26 seconde établi en 2009.
- Un deuxième robot chinois, Tiangong Ultra, aurait aussi franchi la barrière des 9,58 secondes avec un temps de 9,39 secondes lors des qualifications des Jeux mondiaux des robots humanoïdes.
- Ces performances montrent les progrès en contrôle des mouvements et équilibre, mais ne remettent pas en cause le record officiel humain et révèlent aussi les défis techniques, comme le freinage et la stabilité à haute vitesse.
Concrètement en France
- Ces chronos de robots ne sont pas homologués comme des records sportifs : en France comme ailleurs, les fédérations d’athlétisme ne valident que des performances humaines dans un cadre réglementaire précis.
- La robotique humanoïde existe aussi en France, portée par des laboratoires publics et des start-up, mais sans démonstrations de masse comparables aux compétitions organisées en Chine.
- Pour le lecteur, l’intérêt de ces essais est moins le chrono que les progrès sur l’équilibre, le freinage et la sécurité, questions clés avant tout usage dans l’industrie ou l’espace public.
- Les chutes et incidents décrits rappellent qu’en France, tout déploiement de machines mobiles autour du public suppose des exigences de sécurité et une évaluation des risques.
Les repères
- Le robot Lightning du fabricant Honor a couvert 100 mètres en 9,32 secondes à Pékin, devançant le record d’Usain Bolt établi en 2009 (9,58 secondes)
- Lightning a atteint une vitesse maximale de 14,5 mètres par seconde, soit plus de 52 kilomètres par heure
- Un second robot chinois, Tiangong Ultra, aurait aussi franchi la barrière des 9,58 secondes en 9,39 secondes lors des épreuves de qualification
- Ces performances ne sont pas comparables aux records humains officiels en raison de conditions différentes (piste, dispositifs de mesure, règlements)
- Lightning mesure 1,69 mètre avec des jambes de 95 centimètres inspirées de la biomécanique des coureurs de haut niveau
- 2009 : Usain Bolt établit le record mondial masculin du 100 mètres en 9,58 secondes aux Championnats du monde d’athlétisme à Berlin
- 24 août 2026 : Interesting Engineering publie les résultats de la course de Lightning à Pékin
À Pékin, la course à pied devient un terrain d’essai spectaculaire pour les robots humanoïdes conçus pour se déplacer seuls à très grande vitesse.
Un robot baptisé Lightning aurait couvert 100 mètres en 9,32 secondes en Chine, selon le média spécialisé Interesting Engineering, qui a publié ces informations le 24 août 2026. Cette performance annoncée place la machine développée par le fabricant de smartphones Honor devant la référence chronométrique détenue depuis 2009 par Usain Bolt.
Un chrono annoncé à 9,32 secondes
Le record mondial masculin d’Usain Bolt s’élève à 9,58 secondes. Le sprinteur jamaïcain l’avait établi lors des Championnats du monde d’athlétisme à Berlin, en 2009. Lightning aurait donc fait mieux de 0,26 seconde lors d’un essai organisé avant la deuxième édition des Jeux mondiaux des robots humanoïdes, à Pékin.
Lightning aurait atteint une vitesse maximale de 14,5 mètres par seconde durant cet essai, soit plus de 52 kilomètres par heure.
Ce résultat doit être lu avec prudence. Il ne remet pas en cause le record officiel d’Usain Bolt dans l’athlétisme humain. Il illustre plutôt les progrès revendiqués par les équipes chinoises dans le contrôle des mouvements, l’équilibre et la course autonome des robots bipèdes.
La démonstration intervient à l’approche d’une compétition consacrée aux machines humanoïdes. Les Jeux mondiaux des robots humanoïdes réunissent des robots engagés dans plusieurs disciplines sportives. D’après les données citées par Interesting Engineering, le nombre de participants devait progresser de 138 % par rapport à l’édition précédente, tandis que le nombre de robots inscrits devait doubler.
Deux robots chinois sous les 9,58 secondes
Lightning n’est pas le seul robot chinois à avoir franchi cette barrière symbolique. Lors d’une course de qualification des Jeux mondiaux des robots humanoïdes, Tiangong Ultra aurait parcouru les 100 mètres en 9,39 secondes.
Tiangong Ultra provient du Centre d’innovation des robots humanoïdes de Pékin. Son chrono annoncé resterait inférieur à celui du record de Bolt. Ces performances ne sont pas comparables à une course humaine classique : les conditions de départ, la piste, les dispositifs de mesure et le statut des participants ne relèvent pas des mêmes règlements.
Les essais ont aussi montré les limites de ces prototypes. Lors d’une épreuve, un robot bipède lancé à vive allure n’a pas réussi à freiner avant la fin de la piste intérieure. Il a percuté une protection rembourrée, s’est plié au niveau de la taille puis s’est effondré. Des étincelles ont jailli de sa structure.
- La vitesse ne suffit pas : le robot doit aussi anticiper l’arrivée et freiner.
- Le maintien de l’équilibre reste délicat lorsque la machine accélère fortement.
- Une chute peut endommager les moteurs, les capteurs ou l’ossature mécanique.
- Les compétitions servent à éprouver les systèmes de sécurité autant que les performances.
Une machine pensée pour courir
Honor a conçu Lightning comme un robot spécialisé dans la locomotion rapide. Le projet ne vise pas prioritairement les usages domestiques ou industriels généralistes. Ses concepteurs travaillent surtout sur la course, l’autonomie de déplacement et le contrôle du corps à grande vitesse.
Le robot mesure 1,69 mètre. Ses jambes présentent une longueur utile de 95 centimètres, une architecture inspirée de la biomécanique des coureurs de haut niveau. Pour les Jeux mondiaux des robots humanoïdes, les chercheurs auraient allongé ses jambes de 10 centimètres afin d’améliorer sa foulée.
Le mouvement des bras participe aussi à la stabilité. Le torse aide à contrôler les oscillations produites par chaque appui. Cette coordination est cruciale : à vitesse élevée, un écart minime dans la pose du pied peut provoquer une perte d’équilibre.
Le robot disposerait d’un couple maximal de 400 newtons-mètres au niveau des jambes et d’un système de refroidissement liquide.
Le couple mesure la force de rotation qu’un moteur peut exercer. Dans une jambe robotisée, il conditionne notamment la capacité à pousser sur le sol, à relever le pied et à absorber les efforts au moment de l’impact. Honor n’a pas rendu publics plusieurs éléments, dont le poids de Lightning, la capacité de sa batterie et la configuration précise de ses capteurs.
Une autonomie encore scrutée
Lightning combine des systèmes de vision, des capteurs inertiels et une estimation du terrain pour se diriger sans intervention directe. Les capteurs inertiels mesurent les accélérations et les rotations de la machine. Ils aident le robot à savoir s’il penche, s’il glisse ou s’il doit corriger sa posture.
En avril 2026, Lightning aurait aussi réalisé le parcours de 21 kilomètres de la course de Pékin E-Town en 50 minutes et 26 secondes, en fonctionnement autonome. Une autre unité, contrôlée à distance, aurait achevé le même trajet en 48 minutes et 19 secondes. La différence entre les deux temps montre l’enjeu central de ces recherches : permettre au robot de prendre seul les bonnes décisions, même lorsque l’environnement change.
Quelle portée en France ?
En France, les records du 100 mètres relèvent des compétitions humaines et des règles fixées par les instances de l’athlétisme. Le temps revendiqué par Lightning ne peut donc pas remplacer le record de référence d’Usain Bolt. Il appartient à une autre catégorie, celle des démonstrations robotiques et des essais technologiques.
Pour les laboratoires et les entreprises françaises de robotique, l’intérêt de telles courses dépasse le seul spectacle. Un robot capable de courir doit analyser son environnement, ajuster ses appuis et conserver son équilibre malgré les imprévus. Ces capacités peuvent servir à terme dans des situations où une machine doit se déplacer sur un terrain irrégulier ou éviter rapidement un obstacle.
La vitesse entraîne aussi des contraintes concrètes. Les moteurs chauffent, la consommation énergétique augmente et les risques de chute deviennent plus élevés. Le refroidissement liquide utilisé sur Lightning vise précisément à limiter la montée en température des composants pendant un effort prolongé.
Les chronos affichés à Pékin témoignent ainsi d’une accélération des recherches sur les humanoïdes. Avant d’imaginer ces machines dans des usages quotidiens, leurs concepteurs devront encore démontrer qu’elles restent fiables, sûres et capables de s’arrêter sans danger, y compris lorsqu’elles courent à plus de 50 kilomètres par heure.


