Une étude a révélé que les raies manta de récif plongent à de grandes profondeurs pour survivre à d’intenses tempêtes en Papouasie-Nouvelle-Guinée

En bref
Les raies manta de récif en Papouasie-Nouvelle-Guinée ne fuient pas les tempêtes vers des eaux lointaines, mais s’enfoncent dans des profondeurs plus profondes tout en restant fidèles à leur habitat côtier.
L’essentiel en 3 points
  • Les raies manta de récif suivies en Papouasie-Nouvelle-Guinée pendant trois ans sont restées à moins de 10 kilomètres de leur point de marquage, y compris pendant les tempêtes de mousson.
  • Face aux bouleversements météorologiques et aux changements de surface océanique, ces animaux modifient surtout leur profondeur de nage plutôt que de quitter leur territoire habituel.
  • Cette adaptation leur permet de continuer à se nourrir de plancton en suspension tout en se protégeant des perturbations de surface, confirmant l’importance de protéger localement leurs habitats côtiers.

Concrètement en France
  • En France, les raies manta ne fréquentent pas la Méditerranée ni la Manche, mais on les rencontre dans les eaux ultramarines, notamment autour de Mayotte, de La Réunion ou de la Polynésie française.
  • La logique décrite par l’étude, protéger un habitat côtier restreint plutôt qu’un vaste couloir de migration, rejoint celle des aires marines protégées et des parcs naturels marins français.
  • Les grandes raies bénéficient d’un statut d’espèce protégée dans plusieurs territoires français, ce qui interdit en principe leur capture et leur perturbation intentionnelle.
  • À retenir : le suivi par balises sert surtout à identifier les zones d’alimentation et de repos à sanctuariser, une méthode également utilisée par les scientifiques français en outre-mer.
Les repères
  • Les raies manta de récif en Papouasie-Nouvelle-Guinée ne fuient pas les tempêtes vers des eaux lointaines, mais plongent vers des profondeurs plus importantes pour survivre
  • Une étude de trois ans menée par l’université de la Sunshine Coast a équipé des raies de balises satellitaires autour des îles Samarai et de la baie de Milne
  • Trois quarts des raies suivies sont restées à moins de 10 kilomètres de leur point de marquage, y compris pendant deux périodes de mousson
  • La raie manta de récif (Mobula alfredi) peut peser jusqu’à 850 kilogrammes et mesurer jusqu’à 4,5 mètres d’envergure
  • Cette adaptation permet aux raies de continuer à trouver de la nourriture tout en se soustrayant aux perturbations de surface et justifie la protection locale de cet habitat côtier

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, des raies manta restent près de leurs îles malgré les tempêtes, en modifiant leur profondeur de nage.

Cette stratégie a été mise en évidence dans la baie de Milne, au sud-est du pays, par une étude relayée par le média d’information en ligne Infobae. Les chercheurs y décrivent des animaux capables de s’adapter aux bouleversements du milieu marin sans quitter durablement leur territoire habituel.

Des déplacements limités malgré deux saisons de mousson

Les raies manta de récif ne fuient pas nécessairement les tempêtes vers des eaux lointaines. Face aux pluies intenses, aux vents et aux changements de la surface de l’océan, elles adoptent une autre réponse : elles descendent vers des couches d’eau plus profondes.

Cette observation provient d’un suivi mené pendant trois ans par l’université de la Sunshine Coast. Les scientifiques ont équipé des raies de balises satellitaires afin de comprendre leurs déplacements autour des îles Samarai et de la baie de Milne.

Trois quarts des raies suivies sont restées à moins de 10 kilomètres de leur point de marquage, y compris pendant deux périodes de mousson.

Ce résultat tranche avec l’idée selon laquelle ces grands animaux parcourraient systématiquement de longues distances dès que les conditions se dégradent. La plus grande distance relevée chez un individu n’a atteint que 87 kilomètres. Une distance modeste au regard de la taille de l’espèce.

La raie manta de récif, appelée Mobula alfredi, peut peser jusqu’à 850 kilogrammes et mesurer jusqu’à 4,5 mètres d’envergure. Elle vit surtout dans les eaux tropicales et subtropicales de la région indo-pacifique.

La profondeur comme zone de repli

Les données montrent que les raies modifient surtout leur comportement vertical. Lorsque la couche superficielle de l’océan change sous l’effet des conditions météo et des variations saisonnières, elles gagnent des profondeurs plus importantes.

Ce mouvement leur permettrait à la fois de continuer à trouver de la nourriture et de se soustraire à certaines perturbations présentes près de la surface. Elles conservent ainsi leur attachement aux environs des îles, sans abandonner une zone qui semble centrale pour leur alimentation et leur cycle de vie.

Anna Knochel, auteure principale de l’étude, souligne que les données révèlent une extension de l’usage de la colonne d’eau plutôt qu’un départ de la région à la recherche de proies.

Une adaptation face aux changements de l’océan

La colonne d’eau désigne l’ensemble des couches marines comprises entre la surface et le fond. Sa température, sa salinité, ses courants et la disponibilité du plancton peuvent varier fortement selon la météo et les saisons.

Les raies manta se nourrissent principalement de petits organismes en suspension. Leur capacité à changer de profondeur peut donc les aider à suivre ces ressources alimentaires lorsque les conditions de surface deviennent moins favorables.

  • Les raies restent dans un périmètre côtier restreint.
  • Elles plongent davantage quand la surface de l’océan se transforme.
  • Leur fidélité aux îles Samarai et à la baie de Milne confirme la valeur de cet habitat.
  • Le suivi permet de mieux repérer les espaces de repos et d’alimentation à protéger.

Un habitat côtier à protéger en priorité

Guy Stevens, directeur exécutif de l’organisation The Manta Trust et collaborateur de l’étude, estime que l’association étroite entre ces animaux, les îles Samarai et les eaux alentour montre l’importance de cet environnement pour l’espèce.

Les chercheurs insistent sur un point : la protection peut être pensée à l’échelle locale. Si les raies utilisent durablement les mêmes secteurs, des mesures ciblées dans ces zones pourraient limiter certains dangers, dont la surpêche et les captures accidentelles dans les engins de pêche.

Connaître les profondeurs fréquentées par les raies permet d’identifier avec plus de précision les secteurs qui servent de refuge et de zone d’alimentation.

L’étude a réuni des spécialistes de Conservation International Asia-Pacific, de Re:wild US, de l’université de Plymouth et de l’université Columbia. Elle constitue le premier relevé détaillé consacré à l’écologie et aux mouvements des raies manta de récif dans cette partie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Ces informations peuvent aussi guider le développement d’un tourisme d’observation plus durable. Observer des raies manta attire des visiteurs dans plusieurs régions tropicales, mais cette activité nécessite des règles pour éviter de perturber les animaux dans les lieux qu’ils utilisent régulièrement.

Quelle mise en perspective pour la France ?

En France, la protection des espèces marines et de leurs habitats repose notamment sur les aires marines protégées, dont la gestion associe l’État, les collectivités, les pêcheurs, les scientifiques et les acteurs locaux. L’Office français de la biodiversité joue un rôle central dans la connaissance et la préservation de la biodiversité marine.

Le cas observé en Papouasie-Nouvelle-Guinée rappelle l’utilité des suivis par balises : ils ne servent pas seulement à mesurer les grandes migrations. Ils permettent aussi de repérer des habitudes discrètes, comme l’utilisation répétée d’une même baie ou de certaines profondeurs lors d’épisodes météorologiques difficiles.

Pour les gestionnaires d’espaces marins, cette distinction compte. Protéger seulement une zone visible depuis la côte ne suffit pas toujours. Les animaux peuvent dépendre d’eaux plus profondes, parfois situées à proximité immédiate de leur site habituel.

Des tempêtes qui ne provoquent pas forcément l’exode

Les tempêtes modifient les conditions de vie sous l’eau bien au-delà de la houle perceptible en surface. Elles peuvent déplacer les masses d’eau, changer la répartition de la nourriture et rendre certaines zones moins favorables pendant plusieurs jours.

Dans la baie de Milne, les raies manta de récif semblent répondre à ces bouleversements par un ajustement précis : elles restent près de leur habitat côtier, tout en exploitant davantage les profondeurs. Cette souplesse comportementale pourrait renforcer leur capacité à faire face aux variations saisonnières.

Les chercheurs souhaitent désormais mieux évaluer la manière dont leurs déplacements évoluent selon les saisons et l’état de la mer. Ces données pourraient aider à établir des mesures de protection durables autour des secteurs les plus fréquentés par l’espèce.

Questions fréquentes

Comment les raies manta survivent-elles aux tempêtes de mousson ?
Elles plongent vers des profondeurs plus importantes plutôt que de quitter leur région. Ce comportement leur permet de trouver de la nourriture en eaux plus profondes et d’échapper aux perturbations de surface.
Les raies manta de récif migrent-elles sur de longues distances ?
Non, selon cette étude. Les trois quarts des raies suivies sont restées à moins de 10 kilomètres de leur point de marquage, la plus grande distance relevée n’atteignant que 87 kilomètres.
Pourquoi la protection locale des habitats côtiers est-elle importante pour cette espèce ?
Parce que les raies manta de récif restent fidèles à des zones précises qu’elles utilisent pour s’alimenter et se reproduire. Des mesures locales contre la surpêche et les captures accidentelles seraient donc efficaces.
Qu’est-ce que la colonne d’eau et pourquoi les raies l’exploitent-elles ?
La colonne d’eau est l’ensemble des couches marines entre la surface et le fond. Les raies l’exploitent davantage lors de tempêtes car la température, la salinité et la disponibilité du plancton y varient selon les conditions météorologiques.
Comment les scientifiques ont-ils suivi le comportement de ces raies ?
Ils ont équipé des raies manta de balises satellitaires pendant trois ans dans la baie de Milne pour comprendre leurs déplacements autour des îles Samarai et la manière dont elles réagissaient aux changements saisonniers.


Vous aimez cet article ? Partagez !