- Le skateur brésilien Sandro Dias a réalisé une descente spectaculaire de 60 mètres sur la façade incurvée du Centro Administrativo Fernando Ferrari à Porto Alegre le 25 septembre, établissant deux records du monde Guinness.
- La prouesse a exigé plus de deux mois de travaux pour recouvrir la façade en béton de panneaux de contreplaqué lisses, ainsi qu’une préparation d’entraînement débutée en janvier 2025 avec gilets lestés et simulations de forces gravitationnelles.
- Protégé par des coussins amortisseurs de MotoGP, une tenue Prada et un gilet de protection dorsale, Sandro Dias a accompli sa descente en huit secondes en maitrisant une vitesse de 103,8 km/h et des forces équivalentes à 3,9 fois la gravité.
Concrètement en France
- En France, ce type de descente sur un bâtiment public supposerait une autorisation du propriétaire et une déclaration en mairie ou en préfecture, avec un dispositif de sécurité validé.
- Les cascades spectaculaires filmées sur des immeubles français relèvent en général d’un événement encadré par un organisateur professionnel, avec assurance spécifique et périmètre fermé au public.
- Un record homologué par le Guinness suppose des juges et des protocoles de mesure indépendants, quelle que soit la nationalité du sportif.
- À retenir : l’exploit visible en quelques secondes repose surtout sur des mois de préparation technique et de gestion des risques.
Les repères
- Le skateur brésilien Sandro Dias a dévallé une rampe de 60 mètres aménagée sur la façade du Centro Administrativo Fernando Ferrari à Porto Alegre, atteignant 103,8 km/h.
- Cette performance lui a permis d’obtenir deux records du monde Guinness : la plus haute descente sur quart de tube temporaire et la vitesse la plus élevée sur quart de tube temporaire.
- La façade en béton du bâtiment de 22 étages (88,91 mètres de haut) a été recouverte de plus de deux mois de panneaux de contreplaqué lisses pour créer une rampe régulière.
- Des équipements de sécurité majeurs ont été déployés : coussins amortisseurs de MotoGP, protection dorsale, entraînement spécifique pour supporter 3,9 fois la force de gravité.
- janvier 2025 : Début de l’entraînement de Sandro Dias pour le projet
- 25 septembre : Sandro Dias descend la rampe de 60 mètres et pulvérise deux records du monde Guinness
Au Brésil, une façade d’immeuble longtemps fantasmée par les skateurs locaux est devenue le théâtre d’un défi hors norme.
À Porto Alegre, le média spécialisé Interesting Engineering rapporte que le Brésilien Sandro Dias a transformé la façade incurvée d’un bâtiment administratif en une immense rampe temporaire. Le skateur de 50 ans a relevé un défi préparé pendant des mois, entre calculs techniques, entraînement physique et dispositifs de protection.
Une façade devenue une rampe géante
Le 25 septembre, Sandro Dias s’est élancé depuis le Centro Administrativo Fernando Ferrari, un immeuble public de 22 étages situé à Porto Alegre. Le bâtiment, haut d’environ 88,91 mètres, possède une façade en béton aux formes courbes. Sa silhouette évoquait depuis longtemps une rampe géante aux yeux des amateurs de skateboard de la ville.
Des montages vidéo et des plaisanteries circulaient depuis des années autour de cette idée : voir un skateur dévaler réellement ce mur. Personne ne s’y était risqué avant Sandro Dias.
Le skateur s’est élancé sur une descente de 60 mètres et a atteint 103,8 km/h.
Cette performance lui a permis d’obtenir deux records du monde Guinness : celui de la plus haute descente sur un quart de tube temporaire et celui de la vitesse la plus élevée sur un quart de tube temporaire.
Sandro Dias, six fois champion du monde de skateboard sur rampe verticale, savait que le projet restait extrêmement risqué. « Je savais que c’était possible, mais presque impossible à réaliser », a-t-il déclaré après l’épreuve.
Plus de deux mois de travaux
La prouesse ne reposait pas uniquement sur l’expérience du sportif. Il a fallu concevoir une surface capable de supporter une telle vitesse, tout en épousant la courbe du bâtiment.
Pendant plus de deux mois, les équipes ont recouvert l’ancienne façade en béton de panneaux de contreplaqué lisses. L’objectif était d’obtenir une rampe continue, suffisamment régulière pour éviter tout accroc sous les roues.
Une rampe de skateboard classique possède une surface soigneusement nivelée. À plus de 100 km/h, une petite irrégularité peut déséquilibrer le skateur. Le contrôle de la planche devient alors particulièrement délicat, car les vibrations dans les jambes et les mouvements du guidon imaginaire formé par les bras peuvent s’amplifier très vite.
Des protections prévues au pied de l’immeuble
Au bas de la rampe, des coussins amortisseurs utilisés dans les compétitions de MotoGP ont été installés afin d’absorber un éventuel choc. Sandro Dias portait aussi une protection dorsale et une tenue de la gamme Linea Rossa de Prada.
- Une façade recouverte de panneaux de bois lisses ;
- Des coussins amortisseurs placés dans la zone d’arrivée ;
- Une protection spécifique pour la colonne vertébrale ;
- Des mois d’exercices pour apprendre à maîtriser la vitesse.
Le projet a également été pensé pour limiter les déchets après l’événement. Les organisateurs ont trié 115 tonnes de matériaux. Le métal a été envoyé vers la filière de recyclage et 800 panneaux de bois ont été donnés à des organisations locales et à des initiatives liées à la biomasse.
Huit secondes de descente après des mois d’entraînement
La descente a duré huit secondes. Cette durée très courte cache une préparation commencée en janvier 2025. Sandro Dias s’est entraîné avec des gilets lestés afin de reproduire les forces subies durant la chute.
Selon les données rapportées, son corps devait encaisser jusqu’à 3,9 fois la force de gravité. Cela représentait une pression équivalente à environ 127 kilos sur son torse. Le skateur a donc travaillé sa stabilité et son contrôle de trajectoire.
Un danger redouté portait sur les oscillations de la planche. À grande vitesse, le skateboard peut se mettre à vibrer d’un côté puis de l’autre. Ce mouvement peut entraîner une perte de contrôle brutale, surtout lorsqu’il survient sur une pente aussi longue et aussi raide.
Quatre tentatives ont été réalisées sans erreur dès le premier essai, dont une descente finale de 70 mètres jamais répétée intégralement à l’entraînement.
Sandro Dias a évoqué les réactions de deux figures du skateboard. Tony Hawk aurait déclaré que le Brésilien avait « pris cinq longueurs d’avance sur tout le monde ». Ryan Sheckler, présenté comme son protégé, a salué la passion du skateur pour sa discipline.
Ce que représente une telle installation en France
En France, le skateboard se pratique dans des skateparks, sur des équipements sportifs dédiés ou dans l’espace urbain, sous réserve des règles fixées par les collectivités et les gestionnaires des lieux. Une installation temporaire sur la façade d’un bâtiment public exigerait une préparation technique très encadrée, avec des autorisations du propriétaire, des collectivités concernées et des services chargés de la sécurité.
La Fédération française de roller et skateboard encadre notamment la pratique compétitive du skateboard. Les épreuves sur rampe verticale s’appuient sur des structures conçues pour ce sport, avec des surfaces homogènes, des zones de réception et des protections adaptées.
Le défi de Porto Alegre se distingue par son échelle. Il ne s’agissait pas d’utiliser une rampe sportive existante, mais de construire une piste provisoire sur l’enveloppe d’un immeuble. Cette contrainte a imposé un travail précis sur la courbe de la façade, la solidité des panneaux et la sortie de rampe.
Une discipline où la vitesse change tout
Le quart de tube est une structure courbe qui permet à un skateur de prendre de la vitesse avant de remonter sur une paroi. Dans le cas de Sandro Dias, la logique habituelle a été portée à une dimension inhabituelle : la paroi n’était plus une structure de quelques mètres, mais un bâtiment administratif entier recouvert d’une rampe.
À 103,8 km/h, le temps de réaction se réduit considérablement. Un déplacement infime du poids du corps, une roue qui accroche ou une planche mal positionnée peuvent modifier la trajectoire. L’expérience de Sandro Dias, son travail physique et les protections installées ont donc été déterminants pour mener cette descente à son terme.


