- La scène s’est déroulée en début de soirée, dans une conche du lac de Pareloup. Ce terme désigne une petite anse ou un repli de rive, souvent recherché par les pêcheurs car les poissons y trouvent des abris…
- Un brochet de cette taille ne se remonte pas comme un poisson courant. Sa puissance, sa largeur et ses accélérations demandent de la maîtrise, surtout depuis une embarcation. Grégory Gestraud mène le combat durant environ quinze minutes avant…
- Après avoir mesuré le poisson et immortalisé l’instant, Grégory Gestraud a remis le brochet à l’eau. Ce geste, appelé « no-kill » dans le milieu de la pêche, consiste à relâcher le poisson vivant après la capture. L’expression…
Samedi 26 septembre, une sortie de pêche ordinaire a pris une tout autre dimension sur le lac de Pareloup. Grégory Gestraud y a capturé un brochet long de 1,21 mètre, pour un poids proche de 17 kilogrammes. Une prise rare, obtenue au terme d’un combat physique de quinze minutes, alors que le soleil déclinait sur le plan d’eau.
Un indice aperçu près d’une anse du lac
La scène s’est déroulée en début de soirée, dans une conche du lac de Pareloup. Ce terme désigne une petite anse ou un repli de rive, souvent recherché par les pêcheurs car les poissons y trouvent des abris et de la nourriture.
Grégory Gestraud ne lance pas son leurre au hasard. En observant le secteur, il remarque plusieurs cormorans posés ou en activité. Pour lui, leur présence constitue un signal clair : ces oiseaux piscivores suivent fréquemment les bancs de petits poissons.
Les cormorans lui ont indiqué qu’un banc de poissons-fourrage devait se trouver dans cette zone du lac.
Les poissons-fourrage sont les petites espèces dont se nourrissent les prédateurs : gardons, ablettes, perches juvéniles ou petits cyprinidés. Là où ils se concentrent, un grand carnassier peut attendre, immobile, avant de frapper.
Après seulement trois ou quatre lancers avec un leurre souple, la touche survient. Elle est brutale. Le pêcheur comprend vite qu’il tient un sujet hors norme. Le brochet prend du fil, cherche à rejoindre les obstacles et oblige son adversaire à garder son sang-froid.
Quinze minutes face à un adversaire massif
Un brochet de cette taille ne se remonte pas comme un poisson courant. Sa puissance, sa largeur et ses accélérations demandent de la maîtrise, surtout depuis une embarcation. Grégory Gestraud mène le combat durant environ quinze minutes avant de pouvoir sécuriser sa prise.
Le poisson affichait 1,21 mètre et près de 17 kilos. À titre de comparaison, beaucoup de brochets pêchés dans les eaux françaises mesurent entre 60 et 70 centimètres. Franchir le mètre représente déjà un cap recherché par de nombreux passionnés. Dépasser 1,20 mètre relève d’une capture très peu fréquente.
- Longueur mesurée : 1,21 mètre
- Poids estimé : près de 17 kilogrammes
- Durée du combat : environ quinze minutes
- Lieu : lac de Pareloup, en Aveyron
- Technique utilisée : pêche au leurre souple
Le lac de Pareloup est loin d’être un petit étang isolé. Cette vaste retenue artificielle couvre environ 1 290 hectares. Elle attire les amateurs de carnassiers, mais aussi les pêcheurs de carpes, dont certaines atteignent des tailles imposantes. Ses anses, ses profondeurs variables et les zones proches des herbiers offrent des habitats favorables à de grands prédateurs.
Une passion transmise dès l’enfance
Cette capture prend une dimension particulière pour Grégory Gestraud. Son grand-père était présent à ses côtés, sur son bateau, au moment de la touche. C’est lui qui lui a transmis le goût de la pêche dès son enfance.
Le duo connaît bien le lac de Pareloup. Ils y ont leurs habitudes et savent que des poissons remarquables y ont déjà été signalés. Le record connu sur ce plan d’eau atteint 1,37 mètre, établi en 2013. Avec ses 1,21 mètre, le brochet sorti par Grégory reste donc en dessous de cette référence, tout en figurant parmi les captures qui marquent une vie de pêcheur.
Après les mesures et les photographies, le brochet a retrouvé le lac de Pareloup.
Le choix de relâcher un grand reproducteur
Après avoir mesuré le poisson et immortalisé l’instant, Grégory Gestraud a remis le brochet à l’eau. Ce geste, appelé « no-kill » dans le milieu de la pêche, consiste à relâcher le poisson vivant après la capture. L’expression étrangère étant souvent employée par les pêcheurs français, elle recouvre une pratique de plus en plus répandue pour les grands carnassiers.
Relâcher un très gros brochet peut avoir un intérêt pour l’équilibre du milieu. Ces poissons âgés participent à la reproduction et contribuent à maintenir une population de prédateurs adaptée au lac. Un brochet de cette dimension représente aussi un patrimoine halieutique : il fait rêver d’autres pêcheurs et témoigne de la capacité du plan d’eau à produire de très grands sujets.
Cette remise à l’eau doit se faire avec attention. Il faut limiter le temps hors de l’eau, soutenir le poisson horizontalement et éviter de le manipuler par la mâchoire sans maintenir son corps. Avant de le laisser repartir, le pêcheur peut le garder quelques instants face au courant ou, sur un lac, l’accompagner doucement jusqu’à ce qu’il retrouve une nage vigoureuse.
Pourquoi les gros brochets exigent une manipulation prudente
La recherche d’une photo souvenir ne doit pas mettre l’animal en difficulté. Chez les grands brochets, une mauvaise prise en main peut abîmer la colonne vertébrale ou la mâchoire. Les hameçons demandent aussi une vigilance particulière : leur gueule est garnie de dents fines et très coupantes.
Les pêcheurs qui visent les carnassiers prévoient généralement quelques équipements adaptés :
- une épuisette suffisamment large et profonde ;
- une pince longue pour retirer les hameçons ;
- un tapis de réception humidifié ;
- un mètre rigide ou une règle de mesure ;
- un appareil photo préparé avant la sortie du poisson.
Dans le cas de Grégory Gestraud, les images et les mesures resteront, tandis que le brochet poursuit sa vie dans les eaux aveyronnaises. Pour le pêcheur comme pour son grand-père, cette soirée sur le lac de Pareloup devrait alimenter longtemps les discussions familiales, bien au-delà de la seule photo prise au bord de l’eau.


