- Les pièces de 1 et 2 centimes coûtent cher à produire et circulent de moins en moins, poussant plusieurs pays européens à adopter un arrondi des paiements en espèces à cinq centimes.
- La Finlande, les Pays-Bas, l’Irlande, la Belgique, l’Italie, la Slovaquie et la Lituanie appliquent déjà ce système sans supprimer les prix affichés au centime, seul le total final étant ajusté.
- En France, aucune décision officielle de retrait n’est fixée pour l’instant, et les pièces restent valables et légales tant qu’aucun texte ne décide autrement.
Concrètement en France
- En France, les pièces de 1 et 2 centimes restent aujourd’hui une monnaie légale et un commerçant ne peut pas les refuser en paiement.
- Aucune règle d’arrondi obligatoire n’est en vigueur en France à ce jour, contrairement à plusieurs pays de la zone euro qui l’ont adoptée.
- Si un arrondi était instauré, il porterait sur le total payé en espèces et non sur les prix affichés en rayon, les paiements par carte restant au centime près.
- À retenir : rien ne change dans votre porte-monnaie pour l’instant, mais vos petites pièces conservent leur valeur et peuvent être déposées ou échangées via votre banque.
Les repères
- Plusieurs pays européens (Finlande, Pays-Bas, Irlande, Belgique, Italie, Slovaquie, Lituanie) pratiquent déjà l’arrondi des paiements en espèces aux cinq centimes les plus proches
- La fabrication des pièces de 1 et 2 centimes coûte souvent plus cher que leur valeur faciale selon les cours des métaux et l’énergie utilisée
- La Commission européenne étudie une règle harmonisée d’arrondi à cinq centimes pour tous les pays de la zone euro, sans interdiction brutale des petites pièces
- En France, aucune date officielle de retrait n’est arrêtée à ce stade, et les pièces restent valables avec obligation de les accepter
Les pièces de 1 et 2 centimes vont-elles disparaître ? Ce qui se prépare en Europe
À la caisse du supermarché, le petit tas de monnaie glisse souvent dans la main avec un bruit presque dérisoire. Une pièce de 1 centime reste collée au ticket, une autre finit au fond d’une poche, et l’on se promet vaguement de les ranger dans une tirelire en rentrant. Nous connaissons tous ce moment où quelques centimes semblent peser plus lourd qu’ils ne valent vraiment. Pourtant, derrière ces minuscules disques cuivrés se joue une question très concrète : leur fabrication coûte cher, leur usage recule et plusieurs pays européens ont déjà changé leurs habitudes. En France, elles restent valables et personne ne doit les refuser. Mais à Bruxelles, l’idée d’un arrondi généralisé des paiements en espèces revient régulièrement sur la table. Une petite monnaie pourrait bien vivre ses dernières années.
Pourquoi les centimes sont dans le viseur européen
Les pièces de 1 et 2 centimes ont longtemps représenté la précision absolue des prix, celle du fameux 9,99 euros affiché en gros caractères. Dans les rayons, elles permettent encore de rendre exactement la monnaie, au centime près, sans discussion. Mais dans la vie quotidienne, beaucoup de consommateurs les laissent dans un bocal, les oublient dans la voiture ou les déposent dans une boîte près de la porte d’entrée. Le paradoxe est là : elles circulent officiellement, tout en disparaissant peu à peu des gestes ordinaires. Les commerçants, eux, passent du temps à les compter, à les commander et à les stocker. Pour une monnaie aussi légère, la logistique devient vite lourde.
Plusieurs États membres ont déjà pris les devants. La Finlande et les Pays-Bas pratiquent depuis longtemps l’arrondi du total lors des paiements en liquide, sans faire disparaître les prix affichés au centime. L’Irlande, la Belgique, l’Italie, la Slovaquie ou encore la Lituanie ont adopté, selon des calendriers et des modalités propres, des mécanismes comparables. Un ticket de caisse à 12,02 euros peut ainsi conduire à un règlement de 12 euros en espèces, tandis qu’un total de 12,03 euros sera porté à 12,05 euros. Le paiement par carte, lui, reste généralement facturé au montant exact. *Le prix en rayon ne bouge pas, c’est le total final qui est ajusté.*
Cette idée séduit les autorités pour une raison simple : produire une pièce d’un centime peut coûter davantage que sa valeur faciale, selon les cours des métaux, l’énergie et les volumes frappés. La Commission européenne a déjà étudié le sujet et défend une règle harmonisée pour éviter que chaque pays invente son propre système. Le projet discuté à l’échelle de l’Union ne consiste pas forcément à interdire brutalement les petites pièces du jour au lendemain. Il vise plutôt à encadrer l’arrondi des paiements en espèces à cinq centimes, dans tous les pays utilisant l’euro. En France, aucune date officielle de retrait n’est arrêtée à ce stade.
Ce que cela changerait vraiment dans le portefeuille
Si une règle d’arrondi arrive un jour en France, le premier réflexe sera de regarder le total du ticket, et non chaque article. C’est une nuance qui compte. Un café à 1,99 euro, une baguette à 1,13 euro et un magazine à 4,87 euros continueraient d’être affichés à ces prix-là ; seul le total payé en espèces serait arrondi au multiple de cinq centimes le plus proche. Pour éviter toute surprise, il suffirait de vérifier la ligne finale avant de tendre les pièces. Les commerçants auraient aussi intérêt à afficher clairement le mécanisme près des caisses. La transparence calme vite les inquiétudes, surtout quand il s’agit du budget quotidien.
Beaucoup de personnes redoutent une hausse masquée, et cette méfiance est compréhensible. À force de petits arrondis, on peut avoir l’impression que la monnaie rend toujours moins qu’avant. Soyons honnêtes : personne ne fait vraiment cela tous les jours, c’est-à-dire noter chaque centime gagné ou perdu au fil des courses. Pourtant, le principe prévu est symétrique : certains montants sont arrondis vers le bas, d’autres vers le haut. Sur une longue période, l’effet est censé s’équilibrer. Le vrai risque viendrait surtout de pratiques commerciales opportunistes, avec des prix ajustés artificiellement juste avant le passage en caisse. Les contrôles sur l’affichage des prix resteraient donc essentiels.
Pour les particuliers, la meilleure méthode reste très simple : garder les petites pièces tant qu’elles ont cours légal, puis les utiliser ou les déposer à la banque si l’accumulation devient encombrante. Elles ne perdent pas leur valeur parce qu’un pays cesse de les frapper, et leur retrait éventuel serait normalement accompagné d’informations précises.
« Le prix affiché ne change pas : seul le total réglé en espèces est arrondi. »
- Un total finissant par 1 ou 2 centimes serait arrondi vers le bas.
- Un total finissant par 3 ou 4 centimes serait arrondi vers le haut.
- Les paiements par carte ou par téléphone resteraient, en principe, exacts au centime.
- Les pièces déjà détenues continueraient d’être échangeables selon les règles annoncées.
Une disparition discrète, mais pas anodine
La fin possible des pièces de 1 et 2 centimes raconte quelque chose de plus large que la simple évolution d’un porte-monnaie. Elle montre une Europe qui cherche à simplifier les paiements en espèces sans abandonner le cash, auquel restent attachés de nombreux citoyens, notamment les plus âgés ou les ménages qui surveillent chaque dépense. Une pièce minuscule peut sembler insignifiante, mais elle reste un repère pour ceux qui comptent exactement ce qu’ils ont dans la main. Le débat dépasse donc la technique : il touche au pouvoir d’achat, aux habitudes et à la confiance. Entre le confort d’une caisse plus rapide et la crainte d’un arrondi défavorable, chacun aura son avis. Reste cette question très concrète : que ferons-nous tous de nos bocaux remplis de centimes ?
| Point essentiel | Détail | Valeur ajoutée pour le lecteur |
|---|---|---|
| Les pièces restent valables | En France, les 1 et 2 centimes conservent leur cours légal tant qu’aucune décision officielle ne les retire. | Pas besoin de vider son porte-monnaie dans l’urgence. |
| L’arrondi vise le total | Le mécanisme concernerait le montant final payé en espèces, pas le prix de chaque produit. | Il devient plus facile de comprendre l’effet réel sur un ticket de caisse. |
| L’Europe cherche une règle commune | Plusieurs pays appliquent déjà l’arrondi à cinq centimes, tandis qu’un cadre européen est envisagé. | Les voyageurs et consommateurs pourraient retrouver des règles plus lisibles. |


