En 1915, un paysan quitte sa ferme pour le front : ce récit réunit Alexandra Lamy et Alban Ivanov à Nîmes

En bref
Le film Justin le Juste raconte la Première Guerre mondiale à travers les yeux d’un paysan illettré arraché à sa ferme en 1915, confronté à l’absurdité du front militaire sans comprendre ses codes ni ses hiérarchies.
L’essentiel en 3 points
  • Justin le Juste suit un agriculteur pauvre et sans instruction mobilisé en 1915, propulsé dans une réalité militaire dont il ne maîtrise ni les codes ni les règles.
  • Alban Ivanov incarne Justin dans un registre dramatique éloigné de ses rôles comiques habituels, tandis qu’Alexandra Lamy joue Marie Baratier, une journaliste qui recueille son témoignage.
  • Le film est présenté à Nîmes et programmé dans plusieurs salles du Gard et de Lozère, offrant un accès concret à la Grande Guerre par l’expérience d’un homme ordinaire.

Concrètement en France
  • La Première Guerre mondiale reste une mémoire vive en France, avec des monuments aux morts dans la quasi-totalité des communes et des commémorations chaque 11 novembre.
  • Les fusillés pour l’exemple et les dysfonctionnements de la justice militaire de 1914-1918 font l’objet de débats historiques et mémoriels récurrents en France.
  • Le Canard enchaîné, cité dans le film, est un journal satirique français fondé pendant la Grande Guerre et toujours publié aujourd’hui.
  • Les avant-premières en région, comme ici à Nîmes, sont une pratique courante de promotion des films français avant leur sortie nationale en salles.
Les repères
  • Un film intitulé Justin le Juste suit un paysan illettré mobilisé en 1915 et confronté à l’absurdité du front pendant la Première Guerre mondiale
  • Alban Ivanov incarne Justin, adoptant une méthode de travail rigoureuse loin de ses rôles comiques habituels, jouant sur le silence et le regard
  • Alexandra Lamy joue Marie Baratier, une journaliste du Canard enchaîné qui recueille le témoignage de Justin et enquête sur les dérives militaires
  • Le film privilégie une approche intime et sociale, mettant en lumière les soldats anonymes et comment l’absence d’instruction accentue la vulnérabilité face à la hiérarchie militaire
  • Le long métrage a été présenté en avant-première à Nîmes avec le réalisateur Éric Barbier et les deux comédiens principaux
Chronologie
  • 1915 : Justin, paysan illettré, est mobilisé et envoyé sur le front

Présenté en avant-première à Nîmes, ce film suit un agriculteur déraciné par la guerre et confronté à l’absurdité du front.

Le long métrage Justin le Juste choisit un angle intime pour raconter la Première Guerre mondiale. Loin des grands chefs militaires et des batailles racontées dans les manuels, le récit s’attache à un homme sans instruction, arraché à sa terre en 1915. Alexandra Lamy, Alban Ivanov et le réalisateur Éric Barbier sont venus défendre cette fable grave et sensible devant le public nîmois.

Un paysan propulsé dans une guerre qu’il ne comprend pas

Justin n’a jamais quitté son exploitation. Pauvre, illettré, habitué à un quotidien fait de travail et de saisons, il se retrouve brutalement mobilisé. Son univers se limite jusque-là à sa ferme, à son village et aux gestes répétés de la vie paysanne. L’armée le fait basculer dans une réalité dont il ne maîtrise ni les codes ni les règles.

Le film s’intéresse à ce décalage. Celui d’un homme simple, perdu au milieu d’une machine militaire immense, hiérarchisée et parfois impitoyable. À travers lui, l’histoire évoque les soldats anonymes, ceux dont les noms n’ont pas toujours traversé les décennies, mais qui ont vécu la peur, la boue, l’attente et les ordres incompréhensibles.

Le récit ne cherche pas à transformer la guerre en spectacle : il place un homme ordinaire face à une violence qui le dépasse.

La tonalité annoncée mêle émotion et situations absurdes. Ce choix permet de montrer combien le fonctionnement militaire pouvait paraître éloigné de la réalité vécue par les hommes envoyés au combat. Justin ne possède ni les mots, ni les repères sociaux pour se défendre facilement. Sa vulnérabilité devient le cœur du récit.

Alban Ivanov dans un registre plus dramatique

Alban Ivanov incarne Justin. Le comédien, connu du grand public pour ses rôles comiques et ses spectacles sur scène, s’éloigne ici de l’improvisation et de l’énergie spontanée qui ont contribué à sa popularité.

Pour interpréter ce paysan confronté au front, il a dû adopter une méthode de travail plus rigoureuse. Le personnage exige une retenue particulière. Justin ne peut pas tout expliquer, ni répondre avec les réflexes d’un héros moderne. Son silence, son regard et ses hésitations racontent autant que ses paroles.

Un personnage qui ne possède pas les codes du pouvoir

Le fait que Justin soit illettré n’est pas un détail de scénario. Au début du XXe siècle, une partie des Français, notamment dans les campagnes les plus modestes, restait éloignée de l’écrit ou n’en avait qu’une maîtrise limitée. Dans le cadre militaire, cette difficulté peut devenir un handicap concret : lire une instruction, comprendre un document, écrire à ses proches ou saisir les enjeux d’une décision.

  • Justin vient d’un milieu rural modeste.
  • Il quitte sa ferme sans avoir connu d’autre horizon.
  • Il est envoyé sur le front en 1915.
  • Son absence d’instruction accentue son isolement.
  • Son parcours permet d’interroger les abus de la hiérarchie.

Cette approche donne au film une portée sociale. La guerre ne frappe pas tous les hommes de la même façon. Ceux qui disposent d’une éducation, d’un réseau ou d’une aisance sociale peuvent parfois mieux comprendre les rouages qui les entourent. Justin, lui, les subit de plein fouet.

Alexandra Lamy prête sa voix à une journaliste combative

Face à Justin, Alexandra Lamy joue Marie Baratier, une journaliste du Canard enchaîné. Son personnage recueille son témoignage et tente de mettre au jour les dérives de la chaîne de commandement. Elle incarne une autre manière de combattre : non pas avec une arme, mais par l’enquête, les mots et la volonté de rendre publics certains faits.

Marie Baratier apporte un regard extérieur à l’expérience du paysan. Là où Justin éprouve les événements sans toujours pouvoir les formuler, elle écoute, recoupe et cherche à comprendre. La relation entre ces deux personnages permet de faire émerger ce que les soldats modestes pouvaient difficilement raconter eux-mêmes.

Dans cette histoire, la parole d’un homme du peuple devient un enjeu : encore faut-il qu’une personne accepte de l’entendre et de la porter au grand jour.

Alexandra Lamy possède aussi un attachement personnel au territoire. Originaire d’Anduze, elle revendique volontiers ses racines gardoises. Lors de son passage à Nîmes, elle a évoqué son goût pour la Lozère, ses reliefs, ses paysages changeants et ses rivières. Grande marcheuse, elle cite volontiers le chemin de Stevenson, itinéraire emblématique qui traverse notamment les Cévennes.

Éric Barbier et l’attachement à Nîmes

Éric Barbier connaît bien Nîmes et conserve un lien fort avec la ville. Le réalisateur a rappelé l’importance des Arènes dans son imaginaire. Ce monument romain, encore utilisé pour des spectacles et des événements, fait partie des symboles les plus visibles de la cité.

Il a aussi évoqué ses souvenirs liés à la culture taurine nîmoise, aux figures qui ont marqué les arènes et au film Torero. De son côté, Alban Ivanov se verrait bien monter un jour sur la scène des Arènes dans le cadre d’une tournée. Un projet qui témoigne de l’attrait particulier de ce lieu pour les artistes.

Où voir le film dans le Gard et en Lozère

Après sa présentation nîmoise, le film est programmé dans plusieurs salles du Gard ainsi qu’à Mende, en Lozère. Les spectateurs peuvent se renseigner directement auprès des établissements pour connaître les horaires et les séances disponibles.

Département Salles concernées
Gard Kinepolis et CGR à Nîmes, Cineplanet à Alès, Le Capitole à Uzès, Casino à Bagnols-sur-Cèze, Le Venise à Sommières, Cinéma VOG au Grau-du-Roi
Lozère Le Trianon à Mende

Pourquoi 1915 reste une année charnière

Le choix de situer l’intrigue en 1915 n’a rien d’anodin. Après les premiers mois du conflit, la guerre de mouvement laisse largement place à une guerre de positions. Les soldats s’installent dans les tranchées sur un front qui semble figé. Les combats deviennent longs, éprouvants et meurtriers.

Pour un paysan comme Justin, le changement est total. Il passe d’un travail rythmé par les récoltes à une vie dominée par l’attente, le danger et les ordres. Le film rappelle ainsi que la mobilisation a bouleversé les campagnes françaises. Les exploitations ont dû continuer à fonctionner malgré le départ massif des hommes, tandis que les familles vivaient avec l’inquiétude des nouvelles venues du front.

Cette histoire à hauteur d’homme offre un accès concret à une période souvent racontée par ses grandes batailles. Elle rappelle surtout que derrière les uniformes, il y avait des existences ordinaires, des accents régionaux, des métiers, des habitudes et des vies interrompues.

Questions fréquentes

Quel est le sujet principal du film Justin le Juste ?
Le film raconte l’histoire d’un paysan illettré, Justin, mobilisé en 1915 et confronté à l’absurdité de la Première Guerre mondiale. Il explore le décalage entre cet homme simple et la machine militaire hiérarchisée qui le dépasse.
Qui sont les principaux acteurs du film ?
Alban Ivanov incarne Justin, le paysan au cœur du récit, tandis qu’Alexandra Lamy joue Marie Baratier, une journaliste du Canard enchaîné qui enquête sur les dérives de la chaîne de commandement.
Pourquoi l’analphabétisme de Justin est-il important dans le film ?
L’absence d’instruction de Justin accentue son isolement et son vulnérabilité face à la hiérarchie militaire. Cela reflète une réalité historique : certains Français, notamment dans les campagnes modestes, n’avaient qu’une maîtrise limitée de l’écrit au début du XXe siècle.
Pourquoi le film situe-t-il l’intrigue en 1915 ?
L’année 1915 marque un tournant : la guerre de mouvement laisse place à la guerre de positions dans les tranchées. Pour un paysan, ce changement est radical : il passe d’un travail rythmé par les récoltes à une vie dominée par l’attente et le danger.
Où peut-on voir le film dans le Gard et la Lozère ?
Le film est programmé au Kinepolis et au CGR à Nîmes, au Cineplanet à Alès, au Capitole à Uzès, au Casino à Bagnols-sur-Cèze, au Venise à Sommières, au Cinéma VOG au Grau-du-Roi et au Trianon à Mende.


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