- Les gourmands sont les pousses qui apparaissent à l’aisselle des feuilles ; au lieu de les composter, il est possible de les repiquer en terre où ils produisent rapidement des racines.
- Cette technique permet de décaler la récolte en installant des plants supplémentaires plusieurs semaines après les pieds initiaux, évitant que toutes les tomates mûrissent en même temps.
- La réussite dépend du choix d’une pousse jeune et saine, d’un arrosage régulier durant les premiers jours, et de l’absence de maladie sur le plant-mère.
Concrètement en France
- En France, cette technique de bouturage des gourmands fonctionne surtout dans les régions où l’arrière-saison reste douce, car les plants tardifs ont besoin de plusieurs semaines de chaleur pour mûrir leurs fruits.
- Dans le nord et l’est du pays, où les nuits fraîchissent tôt, il est plus prudent de repiquer tôt dans l’été pour espérer une récolte avant les premiers froids.
- Si vous jardinez sur un balcon ou en pot, le même principe s’applique, à condition d’offrir au nouveau plant un contenant suffisamment profond.
- Ce geste ne coûte rien et évite l’achat de plants supplémentaires en jardinerie, ce qui reste son intérêt principal pour un budget familial.
Les repères
- Le gourmand est une pousse qui apparaît à l’aisselle d’une feuille et de la tige principale de la tomate, généralement supprimée pour aérer le pied et concentrer l’énergie sur les fruits.
- Une tige de tomate produit rapidement des racines au contact d’une terre fraîche, en quelques jours seulement, transformant un gourmand arraché en véritable plant.
- Le repiquage des gourmands permet de décaler la récolte de plusieurs semaines, en installant les nouveaux plants après les premiers pieds, assurant une succession de production plutôt qu’une récolte concentrée.
- Les gourmands de 15 à 25 centimètres avec une tige ferme et plusieurs feuilles saines offrent les meilleurs résultats : enlever les deux ou trois feuilles du bas et enterrer largement la tige.
- Le repiquage se réussit mieux après une pluie douce ou en fin de journée, avec maintien d’une terre fraîche durant la première semaine et protection solaire si nécessaire.
Un samedi matin, entre deux rangs de tomates déjà bien chargés, mon voisin ne jette jamais les gourmands qu’il vient d’arracher. Il les pose dans une cagette, à l’ombre, comme s’il s’agissait de jeunes plants précieux. Puis il retourne au fond du potager, là où la terre vient d’être griffée, et il les repique un par un. Au début, j’ai cru qu’il cherchait simplement à combler les vides laissés par quelques salades montées en graines. Pas du tout. Ces tiges, souvent considérées comme des déchets verts, sont chez lui la promesse de tomates quand les premiers plants commenceront à fatiguer. Une drôle d’habitude, à première vue. Une astuce très futée, en réalité.
Ces gourmands deviennent de vrais plants de tomates
Le gourmand est cette pousse qui apparaît à l’aisselle d’une feuille et de la tige principale. Beaucoup de jardiniers la retirent pour aérer le pied, limiter l’enchevêtrement et concentrer l’énergie de la plante sur ses fruits. Mon voisin fait exactement cela, puis il donne une seconde vie à la pousse coupée. Il sait qu’une tige de tomate a une capacité étonnante : au contact d’une terre fraîche, elle produit rapidement des racines. Quelques jours suffisent souvent pour voir le plant se redresser, moins mou, plus volontaire. Une tomate coupée n’est pas forcément une tomate perdue.
Dans son potager, il repique surtout les gourmands de 15 à 25 centimètres, avec une tige bien ferme et plusieurs feuilles saines. Il enlève les deux ou trois feuilles du bas, enterre largement la tige et garde seulement la tête hors du sol. Une partie de la tige enfouie émet alors de nouvelles racines, ce qui donne un plant parfois très robuste. Sur une saison, il arrive ainsi à installer six ou huit pieds supplémentaires sans passer par la jardinerie. Pour un foyer qui mange des tomates tous les jours en été, le calcul est vite fait.
La vraie raison de cette manie n’a rien à voir avec les trous du potager : il cherche à **décaler sa récolte**. Les plants issus de gourmands sont installés plusieurs semaines après les premiers pieds, et ils commencent donc à produire plus tard. Quand les tomates précoces donnent leurs dernières grappes, les petits nouveaux prennent le relais. Cette succession évite le scénario bien connu des récoltes qui arrivent toutes en même temps, suivies d’un mois de septembre beaucoup trop calme. Nous connaissons tous ce moment où les tomates débordent en août, puis disparaissent presque sans prévenir.
Comment repiquer un gourmand directement en pleine terre
Le geste est simple, même s’il demande un peu d’attention le premier jour. Choisissez un gourmand sain, sans taches suspectes ni feuilles recroquevillées, idéalement prélevé sur un plant vigoureux. Faites un trou assez profond, couchez légèrement la tige si elle est longue, puis recouvrez-la de terre meuble en laissant les feuilles du sommet à l’air libre. Arrosez copieusement au pied, sans noyer le sol. Une petite poignée de compost mûr dans le trou peut aider, surtout dans une terre pauvre, mais inutile de transformer l’opération en grand chantier.
Le meilleur moment se situe après une pluie douce ou en fin de journée, quand le soleil ne tape plus sur les feuilles. Un gourmand fraîchement planté peut faire grise mine pendant vingt-quatre heures : il penche, il ramollit, il donne l’impression d’avoir abandonné. C’est souvent normal. Maintenez la terre fraîche durant la première semaine et, si une période très chaude est annoncée, installez un voile léger ou une cagette retournée pour filtrer le soleil. Soyons honnêtes : personne ne fait vraiment cela tous les jours. Mais trois jours de vigilance peuvent sauver un plant entier.
La faute la plus fréquente consiste à repiquer un gourmand énorme, déjà couvert de boutons floraux, en pleine canicule et sans lui donner d’eau ensuite. Il peut reprendre, bien sûr, mais il part avec un sérieux handicap. Mieux vaut viser une pousse jeune et la planter à 40 ou 50 centimètres des autres pieds pour préserver la circulation de l’air. Mon voisin résume son approche avec une formule qu’il répète chaque été :
« Je ne replante pas une branche : je prépare les tomates de la fin de saison. »
- Prélever un gourmand vert, ferme et sans signe de maladie ;
- Retirer les feuilles qui seraient enterrées ;
- Planter profond dans une terre fraîche ;
- Arroser régulièrement pendant les premiers jours ;
- Pailler dès que le plant se tient droit.
Une récolte prolongée, mais pas une solution miracle
Cette technique ne remplace pas la plantation de départ, surtout dans les régions où l’été est court ou les nuits fraîches dès la fin août. Un gourmand repiqué en juillet n’a pas toujours le temps de mener beaucoup de fruits à maturité avant l’arrivée de l’humidité et du froid. Tout dépend de la variété, de l’exposition et de la date de plantation. Les tomates cerises et les variétés précoces sont souvent plus généreuses dans cet exercice. Les grosses tomates tardives, elles, demandent davantage de patience et une belle arrière-saison.
Il faut aussi regarder les plants-mères avec un œil lucide. Si le pied d’origine montre des signes de mildiou, d’oïdium ou de maladie virale, mieux vaut ne rien multiplier du tout. Repiquer un gourmand malade revient à déplacer le problème vers une nouvelle parcelle. En revanche, sur des pieds parfaitement sains, cette pratique permet de conserver une variété que l’on aime vraiment, sans chercher ses graines ni courir après les godets au printemps. C’est une forme de bouturage très accessible, presque instinctive, qui remet un peu de bon sens dans le potager.
Au fond, ce geste raconte aussi une autre manière de jardiner. On observe ce qui pousse, on récupère ce qui semblait superflu, on accepte que tout ne reprenne pas. Certains gourmands sécheront malgré les soins ; d’autres surprendront par leur vigueur et donneront des grappes jusqu’aux premiers frimas. **Le potager ne demande pas la perfection**, seulement une présence régulière. La prochaine fois qu’une pousse de tomate finira dans votre main, avant de l’ajouter au compost, il peut être amusant de lui réserver un coin de terre. Elle ne bouchera peut-être aucun trou. Elle pourrait bien remplir vos saladiers plus tard.
| Point essentiel | Détail | Valeur ajoutée pour le lecteur |
|---|---|---|
| Le gourmand s’enracine facilement | La tige de tomate produit des racines lorsqu’elle est enterrée dans une terre fraîche. | Obtenir de nouveaux plants sans achat supplémentaire. |
| La plantation tardive décale la récolte | Les gourmands repiqués plusieurs semaines après les pieds initiaux fructifient plus tard. | Profiter de tomates plus longtemps en fin d’été. |
| La santé du plant-mère compte | Un gourmand prélevé sur un pied malade peut transporter les mêmes problèmes. | Éviter de propager les maladies dans tout le potager. |


