Une nouvelle espèce de chat identifiée pour la première fois depuis plus de 100 ans : voici le tilcayo, plus petit qu’un chat domestique

En bref
Le tilcayo, petit félin bolivien identifié pour la première fois en 2024, constitue la première espèce de félin nouvellement décrite par la science depuis 1923.
L’essentiel en 3 points
  • Des chercheurs ont identifié le tilcayo, un petit félin sauvage vivant dans les forêts des Yungas en Bolivie, première espèce de félin décrite par la science depuis 1923.
  • Découvert accidentellement en 2016 lorsqu’un homme a trouvé un chaton aux traits inhabituels, l’animal s’est révélé appartenir à une lignée génétique distincte séparée de son plus proche parent depuis 1,4 million d’années.
  • Cette reconnaissance modifie la compréhension du genre Leopardus et rappelle que même parmi les mammifères largement étudiés, des espèces peuvent rester méconnues jusqu’à des analyses génomiques approfondies.

Concrètement en France
  • En France métropolitaine, les seuls félins sauvages connus sont le chat forestier et le lynx boréal, tous deux protégés par la réglementation sur les espèces protégées.
  • Les outre-mer français, notamment la Guyane amazonienne, abritent une biodiversité comparable à celle des Andes, où de nouvelles espèces continuent d’être décrites.
  • Comme en Bolivie, les analyses génétiques sont devenues en France un outil courant pour distinguer des populations longtemps confondues sous une même espèce.
  • Ramener chez soi un animal sauvage trouvé en France n’est pas autorisé : le réflexe est de contacter un centre de sauvegarde de la faune sauvage ou les services compétents.
Les repères
  • Le tilcayo, petit félin sauvage des Andes boliviennes, constitue la première espèce de félin nouvellement décrite par la science depuis 1923.
  • L’animal, plus petit qu’un chat domestique moyen, se distingue par de longues moustaches, de petites oreilles et de grandes taches en forme de rosettes sur le pelage.
  • Son identification repose sur une analyse génétique qui a confirmé qu’il s’agit d’une lignée distincte, séparée de son plus proche parent il y a environ 1,4 million d’années.
  • Le tilcayo vit dans l’écosystème forestier des Yungas sur les versants orientaux des Andes en Bolivie, mais son régime alimentaire, ses prédateurs et son mode de reproduction restent inconnus.
  • La découverte modifie la compréhension scientifique du genre Leopardus et révèle que certains animaux considérés comme une seule espèce forment en réalité un ensemble plus complexe.
Chronologie
  • 2016 : Un homme trouve un chaton aux caractéristiques inhabituelles et le confie à un refuge pour animaux sauvages, alertant la biologiste Paola Nogales-Ascarrunz.
  • 2019 : Trois ans après cette première rencontre, Paola Nogales-Ascarrunz prépare un livret sur les espèces de chats sauvages en Bolivie et lance une étude génétique.
  • Environ cinq ans après 2019 : L’étude génétique menée par Eduardo Eizirik confirme que l’animal appartient à une espèce jamais enregistrée par la science, nommée Leopardus tilcayo.

En Bolivie, un petit félin longtemps confondu avec une autre espèce vient de rejoindre les registres scientifiques.

Le site d’information Good News Network rapporte qu’une équipe de chercheurs a identifié le tilcayo, un félin sauvage vivant sur les pentes orientales des Andes boliviennes. L’animal, plus petit qu’un chat domestique moyen, constitue la première espèce de félin nouvellement décrite par la science depuis 1923.

Un chaton inhabituel à l’origine de l’enquête

L’histoire commence en 2016 par un appel reçu par Paola Nogales-Ascarrunz, biologiste bolivienne et fondatrice d’un programme de recherche consacré aux félins de son pays. Un homme avait trouvé un chaton dont l’apparence lui semblait inhabituelle. Il l’avait d’abord ramené chez lui, avant de comprendre que l’animal n’avait rien d’un chat domestique.

Le chaton a alors été confié à un refuge pour animaux sauvages. Alertée, Paola Nogales-Ascarrunz s’est rendue sur place. Plusieurs traits physiques ont immédiatement retenu son attention : de longues moustaches, de petites oreilles et de grandes taches en forme de rosettes sur le pelage.

Ces caractéristiques évoquaient un membre du genre Leopardus, qui rassemble plusieurs petits félins d’Amérique du Sud. La biologiste a d’abord pensé à Leopardus tigrinus, un félin tacheté déjà connu et largement présent sur le continent.

Ce petit félin bolivien n’était pas seulement un individu atypique : les analyses ont montré qu’il appartenait à une lignée distincte.

Une différence devenue évidente avec le temps

Trois ans après cette première rencontre, Paola Nogales-Ascarrunz préparait un livret consacré aux espèces de chats sauvages présentes en Bolivie. En comparant les animaux, elle a relevé des différences notables entre le mystérieux chaton et les félins alors répertoriés.

Elle a lancé une longue étude génétique afin d’établir son identité. Ce travail a duré près de cinq ans. Eduardo Eizirik, généticien à l’Université pontificale catholique du Rio Grande do Sul, au Brésil, a participé aux recherches.

Les résultats ont confirmé l’hypothèse : l’animal correspond à une espèce qui n’avait jamais été enregistrée par la science. Les chercheurs lui ont donné le nom de Leopardus tilcayo, en reprenant le terme employé par les communautés autochtones de la région.

Paola Nogales-Ascarrunz a relaté auprès de National Geographic Magazine l’origine de cette appellation. Les habitants interrogés ne lui ont pas donné de définition précise. Selon eux, leurs grands-parents nommaient déjà cet animal « tilcayo », et le mot s’est transmis de génération en génération.

Une branche séparée depuis 1,4 million d’années

Les données génomiques indiquent que le tilcayo s’est séparé de son plus proche parent il y a environ 1,4 million d’années. Cette période lui a laissé le temps de suivre sa propre trajectoire évolutive et de s’adapter à son environnement.

Le travail ne permet pas encore de dresser un portrait complet de l’espèce. Les scientifiques savent que le tilcayo vit dans l’écosystème forestier des Yungas, sur les versants orientaux des Andes en Bolivie. Son régime alimentaire, ses prédateurs, son mode de reproduction et son organisation sociale restent inconnus.

  • Le tilcayo vit en Bolivie, dans les forêts des Yungas.
  • Il est plus petit qu’un chat domestique moyen.
  • Son pelage porte de grandes rosettes.
  • Son identification repose notamment sur l’analyse de son génome.
  • Il s’est différencié de son parent le plus proche il y a environ 1,4 million d’années.

Un arbre généalogique des petits félins revu

La reconnaissance du tilcayo ne concerne pas seulement une espèce supplémentaire. Elle modifie aussi la compréhension scientifique du genre Leopardus. Eduardo Eizirik travaille depuis environ vingt-cinq ans sur ces petits félins tachetés, parfois appelés chats-tigres.

Il explique que des animaux auparavant considérés comme appartenant à une seule espèce forment en réalité un ensemble plus complexe. Les progrès de la génétique permettent de distinguer des lignées restées longtemps regroupées sous une même appellation.

En 2020, le genre Leopardus comptait huit espèces reconnues, parmi lesquelles l’ocelot, le margay, le kodkod, le chat des pampas, le chat de Geoffroy et le chat des Andes. Des travaux récents ont déjà conduit à revoir cette classification. Une population considérée auparavant comme une sous-espèce a aussi été proposée comme espèce distincte en 2024.

Identifier une espèce ne consiste pas uniquement à lui attribuer un nom : cette étape peut transformer la façon dont les chercheurs évaluent sa répartition et sa protection.

Pourquoi cette identification compte aussi en France

La France ne compte pas de population sauvage de tilcayos. L’annonce intéresse néanmoins les acteurs français de la conservation, les muséums, les universités et les associations spécialisées dans la biodiversité. Elle rappelle qu’une espèce peut rester méconnue même lorsqu’elle appartient à une famille animale aussi familière que celle des chats.

En France métropolitaine, le seul félin sauvage indigène est le chat forestier. Il ne faut pas le confondre avec un chat domestique retourné à l’état sauvage. Le chat forestier possède ses propres caractéristiques et fait l’objet de suivis scientifiques, notamment en raison de la fragmentation des habitats et des croisements possibles avec des chats domestiques.

La situation du tilcayo illustre l’intérêt des analyses génétiques dans ce type de recherche. L’observation du pelage, de la taille ou de la forme des oreilles peut orienter les spécialistes, sans toujours suffire à séparer deux espèces proches. L’étude de l’ADN aide à retracer les liens de parenté sur de très longues périodes.

Une reconnaissance qui peut aussi révéler des fragilités

La multiplication des espèces reconnues dans un même groupe peut changer l’évaluation de leur état de conservation. Une population autrefois incluse dans un ensemble plus vaste peut se révéler beaucoup plus limitée géographiquement qu’on ne le croyait.

Les chats-tigres sont, au mieux, classés comme vulnérables par l’Union internationale pour la conservation de la nature, selon les informations citées par Good News Network. Pour le tilcayo, les connaissances restent encore trop réduites pour établir un bilan détaillé de ses effectifs ou des menaces qui pèsent sur lui.

Les forêts des Yungas forment une zone de transition humide et boisée entre les Andes et les plaines orientales sud-américaines. Dans ce type de milieu, connaître les déplacements, les proies et les besoins territoriaux d’un félin est nécessaire pour envisager des mesures de protection adaptées.

Le tilcayo rappelle ainsi que les cartes de la biodiversité ne sont pas figées. Même parmi les mammifères, groupe pourtant largement étudié, certaines lignées attendent encore d’être clairement distinguées et décrites.

Questions fréquentes

Pourquoi le tilcayo n’a-t-il pas été identifié plus tôt ?
Le tilcayo avait longtemps été confondu avec une autre espèce du même genre, Leopardus tigrinus. Ce n’est que grâce à une longue étude génétique de cinq ans que les chercheurs ont pu confirmer qu’il s’agissait d’une lignée distincte, car les observations visuelles seules ne suffisaient pas à le différencier.
Que signifie le nom « tilcayo » ?
Le nom tilcayo provient de la langue des communautés autochtones de la région. Selon Paola Nogales-Ascarrunz, les habitants interrogés ont expliqué que leurs grands-parents nommaient déjà cet animal « tilcayo », et le mot s’est transmis de génération en génération, sans définition précise.
Où vit le tilcayo ?
Le tilcayo vit dans l’écosystème forestier des Yungas, situé sur les versants orientaux des Andes en Bolivie. C’est une zone de transition humide et boisée entre les Andes et les plaines orientales sud-américaines.
Quelles sont les caractéristiques physiques du tilcayo ?
Le tilcayo est plus petit qu’un chat domestique moyen. Il possède de longues moustaches, de petites oreilles et de grandes taches en forme de rosettes sur son pelage, caractéristiques qui l’apparentent au genre Leopardus.
Pourquoi cette découverte intéresse-t-elle aussi la France ?
Bien que la France n’abrite pas de tilcayos sauvages, cette identification intéresse les acteurs français de la conservation car elle rappelle qu’une espèce peut rester méconnue même au sein de familles animales familières, une leçon pertinente pour la protection du chat forestier français.


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