- Spyker dévoile la C8 Preliator XXV le 14 août 2026 à Monterey, une voiture artisanale équipée d’une transmission manuelle à six rapports et d’un moteur V8 Audi biturbo de 800 chevaux, refusant les technologies numériques et hybrides modernes.
- Seulement 25 exemplaires seront fabriqués au tarif de près de deux millions d’euros, chacun requérant environ 2 100 heures de travail manuel, plaçant le constructeur en concurrence avec Pagani et Koenigsegg plutôt qu’avec les sportives classiques.
- L’habitacle abandonne les écrans tactiles pour des commandes mécaniques, des cadrans et de l’aluminium apparent inspirés du design aéronautique, dans une démarche assumée de retour aux sensations brutes de la conduite.
Concrètement en France
- Le prix évoqué, proche de deux millions d’euros, place cette voiture hors du marché automobile courant en France, où elle relèverait de l’objet de collection plutôt que du véhicule d’usage.
- Immatriculer en France un modèle produit en très petite série suppose des démarches spécifiques de réception, plus lourdes que pour une voiture vendue en concession.
- La boîte manuelle, encore répandue en France, recule nettement sur les voitures neuves au profit des transmissions automatiques.
- Un moteur thermique très puissant est fortement pénalisé en France par le malus à l’achat et par le coût d’usage, sans compter les restrictions de circulation dans certaines agglomérations.
Les repères
- Spyker présente sa C8 Preliator XXV le 14 août 2026 à Monterey, une automobile artisanale avec moteur thermique V8 Audi biturbo de 800 ch et transmission manuelle à six rapports
- Production limitée à 25 exemplaires seulement, au prix d’environ deux millions d’euros
- Habitacle radical sans écran central ni commandes tactiles, privilégiant les interrupteurs, cadrans et éléments métalliques inspirés du design aéronautique
- La marque Spyker a connu deux faillites en 2014 et 2021, puis a changé de propriétaire en 2025 et accueilli l’investisseur Volodymyr Nosov en 2026
- 1999 : Relancement de la marque Spyker après une longue période d’absence
- Début des années 2000 : Spyker se fait remarquer avec ses coupés C8 reconnaissables par leur silhouette inspirée de l’aviation
- 2013 : Présentation d’un concept car
- 2014 : Première faillite de Spyker
- 2021 : Deuxième faillite de Spyker
- 2025 : Les droits de la marque Spyker changent de mains
À rebours des habitacles envahis par les écrans, Spyker revient avec une automobile artisanale, bruyante et réservée à une poignée de clients.
Le constructeur néerlandais Spyker tente une nouvelle fois de se relancer. Sa C8 Preliator XXV, présentée le 14 août 2026 lors de la semaine automobile de Monterey, mise sur une recette presque disparue : un gros moteur thermique, une transmission manuelle, des commandes mécaniques et une fabrication en très faible volume. Son prix annoncé approche les deux millions d’euros.
Une renaissance qui célèbre 25 ans de retour sur la route
La C8 Preliator XXV n’est pas une automobile comme les autres, et Spyker ne cherche clairement pas à séduire le plus grand nombre. Le sigle XXV fait référence aux 25 ans de la renaissance moderne de la marque, relancée en 1999 après une longue période d’absence.
Cette histoire n’a jamais été linéaire. Spyker a connu plusieurs changements de propriétaires, des projets interrompus et deux faillites, en 2014 puis en 2021. La marque s’était pourtant fait remarquer au début des années 2000 avec ses coupés C8, reconnaissables entre mille grâce à leur silhouette inspirée de l’aviation et à leurs habitacles chargés de métal poli.
Les droits de la marque ont changé de mains en 2025. En 2026, l’investisseur Volodymyr Nosov est entré au capital. La présentation californienne sert donc autant à dévoiler une voiture qu’à afficher les ambitions d’un constructeur dont la survie reste à démontrer.
Spyker veut vendre une expérience mécanique rare, loin des voitures sportives modernes dominées par les écrans, les aides électroniques et les motorisations hybrides.
Un habitacle sans écran central ni commandes tactiles
À bord, la C8 Preliator XXV assume un choix radical. Pas de grande tablette posée au milieu de la planche de bord, pas d’interface tactile omniprésente, pas de menus à faire défiler avant de régler une fonction simple. Spyker préfère les interrupteurs, les cadrans et les éléments métalliques apparents.
La marque reprend ainsi l’un de ses codes historiques : une ambiance de cockpit aéronautique. L’aluminium occupe une place centrale. Les commandes semblent taillées dans la masse et la tringlerie de boîte reste visible. Ce parti pris demande une vraie attention dans la finition, mais il donne aussi à l’habitacle un aspect très particulier.
La clientèle visée ne recherche pas forcément la discrétion. La carrosserie affiche de nombreux détails décoratifs, des éléments usinés et des rivets apparents. Certains inserts peuvent recevoir une finition en or rose. Ce choix esthétique peut diviser, mais il correspond à l’identité de Spyker depuis ses premiers modèles modernes.
Des détails inspirés de l’aviation
La voiture conserve une carrosserie basse et étirée, avec de grandes entrées d’air, des dérives et des roues au dessin très travaillé. Son style rappelle autant les coupés exotiques des années 2000 que les prototypes de course. Elle reprend aussi plusieurs éléments vus sur l’ancienne C8 Preliator et sur le concept présenté en 2013.
- Des commandes mécaniques plutôt que tactiles ;
- Une tringlerie de transmission visible dans l’habitacle ;
- Une sellerie réalisée sur mesure ;
- De l’aluminium omniprésent ;
- Des options de personnalisation très poussées, dont certains détails en or rose.
Un V8 Audi de 800 ch associé à une transmission manuelle
Le cœur de cette Spyker se trouve derrière les occupants. La C8 Preliator XXV reçoit un V8 Audi biturbo de 4,0 litres, installé en position centrale arrière. La puissance annoncée atteint 800 ch, pour un couple maximal de 1 000 Nm.
Ces chiffres la placent au niveau de nombreuses voitures sportives très haut de gamme actuelles. Pourtant, Spyker refuse de suivre la voie choisie par une grande partie de ses rivales. Pas de moteur électrique en renfort, pas de batterie hybride rechargeable et pas de transmission robotisée à double embrayage.
Le V8 envoie toute sa force aux roues arrière via une boîte manuelle Graziano à six rapports. Ce montage devient particulièrement rare dans cette catégorie. Les boîtes automatiques permettent des passages de rapports plus rapides et améliorent souvent les performances mesurées. Une commande manuelle apporte autre chose : un engagement plus physique, parfois moins facile, mais recherché par des collectionneurs attachés aux sensations anciennes.
Avec 800 ch, 1 000 Nm et six rapports à passer soi-même, la C8 Preliator XXV s’adresse à des acheteurs qui privilégient le geste de conduite aux chronos électroniques.
Une masse annoncée de 1 525 kg, pas 1 400 kg
Spyker annonce un châssis et une carrosserie en aluminium. Le poids communiqué atteint 1 525 kg. Le chiffre de 1 400 kg parfois associé à cette automobile ne correspond donc pas à la donnée fournie par le constructeur dans sa présentation.
Pour une voiture de 800 ch, cette masse reste contenue, même si certaines rivales recourent davantage au carbone afin de gagner encore quelques dizaines de kilos. L’aluminium offre un compromis intéressant : il permet de limiter le poids tout en restant réparable et compatible avec une fabrication artisanale en petite série.
La marque évoque une vitesse maximale supérieure à 350 km/h. Elle n’a pas détaillé d’accélération de 0 à 100 km/h ni publié de relevés indépendants. Il faudra attendre les premiers essais pour savoir si les performances réelles correspondent à ces promesses.
| Caractéristique | Donnée annoncée |
|---|---|
| Moteur | V8 Audi biturbo de 4,0 litres |
| Puissance | 800 ch |
| Couple | 1 000 Nm |
| Transmission | Manuelle à six rapports, roues arrière motrices |
| Masse annoncée | 1 525 kg |
| Vitesse maximale | Plus de 350 km/h |
| Production | 25 exemplaires |
25 exemplaires et 2 100 heures de travail pour chaque voiture
Spyker prévoit de fabriquer seulement 25 C8 Preliator XXV. Chaque exemplaire demanderait environ 2 100 heures de travail. Ce rythme explique une partie du tarif : près de deux millions d’euros, soit environ 1,6 million de dollars selon la communication de la marque.
À ce niveau de prix, Spyker ne se mesure pas aux coupés sportifs classiques. La marque se retrouve face à des constructeurs comme Pagani ou Koenigsegg, dont les clients recherchent autant la rareté, l’histoire et la personnalisation que la puissance pure.
Cette stratégie comporte aussi un risque. Une petite série ne laisse presque aucune marge d’erreur sur les coûts, les délais de livraison et la qualité d’assemblage. Les acheteurs de ce type d’automobile attendent un suivi très haut de gamme, notamment pour l’entretien du moteur, de la transmission et des pièces spécifiques.
Pourquoi une boîte manuelle reste si particulière
Une boîte manuelle impose au conducteur de débrayer, de sélectionner le rapport et de doser l’accélérateur à chaque changement de vitesse. Avec 1 000 Nm de couple envoyés aux roues arrière, ce geste réclame une certaine précision, surtout sur chaussée froide ou humide.
Cette configuration offre un avantage concret aux passionnés : elle laisse davantage de place au conducteur. Elle demande aussi plus d’anticipation qu’une transmission automatique moderne. Sur circuit, une telle voiture exigera des pneus en bon état, une mise en température sérieuse et une grande progressivité à l’accélération.
Spyker évoque déjà d’autres projets, dont un véhicule surélevé baptisé D8 Peking to Paris et un programme de course en catégorie GT3. Aucun calendrier précis n’a été communiqué. Pour l’heure, toute l’attention repose sur ces 25 automobiles, chargées de prouver que la marque néerlandaise peut encore transformer ses promesses en réalité.


