Turquie : une mosaïque romaine de 105 m² remarquablement conservée surgit des fouilles de Pompeiopolis

En bref
Archéologues ont dégagé une vaste mosaïque romaine de 105 mètres carrés datant du IVe siècle dans la basilique antique de Pompeiopolis, en Turquie, révélant des motifs géométriques remarquablement conservés qui documentent le passage de la cité d’un centre romain à un foyer chrétien majeur.
L’essentiel en 3 points
  • Une mosaïque romaine de 105 mètres carrés ornée de motifs géométriques a été mise au jour dans la basilique antique de Pompeiopolis, dans le nord de la Turquie, datant du IVe siècle après Jésus-Christ.
  • La basilique, construite vers 150-160, a connu plusieurs transformations au cours des siècles avant de devenir au Ve siècle un centre épiscopal majeur, ce que les vestiges architecturaux et artistiques permettent de documenter.
  • Les fouilles menées depuis 2025 incluent aussi la découverte d’une tête sculptée d’Éros du IIe siècle, tandis que les chercheurs poursuivent les travaux de stabilisation et de conservation des tesselles face aux risques d’humidité et de dégradation.

Concrètement en France
  • La France conserve elle aussi de nombreuses mosaïques romaines, notamment dans le Sud et en Gaule narbonnaise, visibles dans plusieurs musées et sites archéologiques.
  • Chez nous, toute découverte fortuite lors de travaux doit être déclarée aux autorités, et les services de l’État peuvent prescrire un diagnostic puis une fouille préventive avant la poursuite du chantier.
  • Comme en Turquie, la question du devenir d’une mosaïque se pose vite : soit la laisser en place avec une protection, soit la déposer pour la conserver en musée, chaque option ayant ses contraintes.
  • À retenir : un pavement antique redevient fragile dès qu’il est exposé à l’air, à l’humidité et au gel, ce qui explique les protections temporaires souvent visibles sur les chantiers archéologiques français.
Les repères
  • Découverte d’une mosaïque romaine de 105 mètres carrés dans la basilique antique de Pompeiopolis, en Turquie, datant du IVe siècle après Jésus-Christ
  • La mosaïque, composée de motifs géométriques élaborés, se trouve dans la nef centrale du bâtiment et se trouve dans un état remarquablement conservé
  • La basilique a été construite vers 150-160 et a connu plusieurs transformations au fil des siècles, notamment lors du passage de Pompeiopolis à centre épiscopal chrétien au Ve siècle
  • Les fouilles, commencées en 2025, incluent des opérations de stabilisation et de protection des mosaïques contre l’humidité et les dégradations
Chronologie
  • vers 150-160 : Construction de la basilique de Pompeiopolis durant la seconde moitié du IIe siècle après Jésus-Christ
  • IVe siècle après Jésus-Christ : Installation de la mosaïque de 105 mètres carrés dans la nef centrale de la basilique
  • Ve siècle : Pompeiopolis devient un centre épiscopal chrétien
  • 2025 : Début des fouilles archéologiques de la basilique
  • 9 septembre 2026 : Annonce officielle de la découverte de la mosaïque à l’issue de la campagne de fouilles de l’année

Dans le nord de la Turquie, les recherches menées sur une ancienne cité romaine livrent peu à peu des témoins rares de son histoire.

À Pompeiopolis, dans la province turque de Kastamonu, des archéologues ont mis au jour une vaste mosaïque romaine dans une basilique antique. Le site spécialisé Finestre sull’Arte rapporte que cette découverte a été annoncée le 9 septembre 2026, à l’issue de la campagne de fouilles menée cette année-là.

Un pavement de 105 mètres carrés dans la nef centrale

La mosaïque est apparue à l’intérieur de la basilique de Pompeiopolis, une cité située dans l’actuel district de Taşköprü. Les équipes ont dégagé environ 105 mètres carrés de pavement décoré, datant du IVe siècle après Jésus-Christ.

Cette surface ne représente pas forcément l’ensemble du décor. Les fouilles se poursuivent autour des parties déjà dégagées afin d’établir jusqu’où s’étendait le sol orné de la basilique.

Les archéologues ont déjà dégagé près de 105 mètres carrés de mosaïques de sol du IVe siècle, composées de motifs géométriques et conservées dans un état remarquable.

Mehmet Nuri Ersoy, ministre turc de la Culture et du Tourisme, a précisé que le pavement décorait la nef centrale du bâtiment. Dans une basilique, la nef correspond à l’espace allongé principal, conçu pour accueillir la circulation et les rassemblements.

Les motifs visibles prennent la forme de compositions géométriques élaborées. Leur conservation sur place, à l’endroit même où ils avaient été installés, donne aux chercheurs des indications précieuses sur l’organisation intérieure de l’édifice.

  • La mosaïque date du IVe siècle après Jésus-Christ.
  • Elle couvre au moins 105 mètres carrés déjà identifiés.
  • Elle se trouve dans la nef centrale de la basilique antique.
  • Les travaux associent fouilles, relevés et opérations de conservation.

Une basilique transformée au fil des siècles

Les données archéologiques indiquent que la basilique a été construite durant la seconde moitié du IIe siècle après Jésus-Christ, vers 150-160. L’édifice a ensuite connu plusieurs transformations architecturales et fonctionnelles au cours de l’époque romaine tardive.

Pompeiopolis occupait une place importante dans l’ancienne Paphlagonie, région historique du nord de l’Anatolie. La ville a gagné en importance sous l’Empire romain, jusqu’à devenir un centre administratif provincial.

Au Ve siècle, elle était devenue un centre épiscopal. Cette fonction signale la présence d’un évêque et renforce le rôle religieux comme administratif de la ville à une période où le christianisme s’implantait durablement dans la région.

Les chercheurs estiment que les modifications successives de la basilique, ses éléments décoratifs et ses sols en mosaïque peuvent aider à retracer cette évolution. Le bâtiment pourrait ainsi documenter le passage d’une cité romaine à un centre chrétien majeur de l’Antiquité tardive.

Des recherches engagées depuis 2025

Les fouilles de la basilique ont débuté en 2025. Elles visent à reconstituer le plan complet du monument et à distinguer ses différentes phases de construction, d’usage et de transformation.

Les équipes doivent mener ces opérations avec prudence. Un sol antique, une fois exposé, devient vulnérable à l’humidité, aux variations de température, aux infiltrations et aux dégradations mécaniques. Des travaux de stabilisation ont donc déjà commencé sur les zones visibles afin de protéger les tesselles pendant la poursuite des recherches.

Les tesselles sont les petits éléments de pierre, de terre cuite ou de verre assemblés pour former une mosaïque. Leur disposition permet de dessiner des bordures, des formes répétitives ou des scènes figurées. Dans le cas de Pompeiopolis, les éléments dégagés révèlent surtout des compositions géométriques.

Une tête d’Éros retrouvée près de la basilique

La campagne de 2026 n’a pas seulement révélé le grand pavement. Les archéologues ont aussi annoncé la découverte d’une tête sculptée représentant Éros, dieu grec de l’amour.

Cette sculpture provient d’un pastophorion, une pièce liée au complexe de la basilique. Elle remonte à la seconde moitié du IIe siècle après Jésus-Christ, soit aux débuts de l’édifice selon la chronologie proposée par les chercheurs.

La tête d’Éros apporte un témoignage supplémentaire sur le caractère artistique et culturel de Pompeiopolis avant sa transformation en centre chrétien.

La présence d’une représentation d’Éros dans cet ensemble rappelle que les transformations religieuses et urbaines ne se sont pas produites d’un seul coup. Les vestiges mis au jour sur le site permettent au contraire d’observer plusieurs périodes superposées, depuis l’époque impériale romaine jusqu’à l’Antiquité tardive.

Comment la France protège des vestiges comparables

En France, les opérations archéologiques relèvent notamment du ministère de la Culture, des directions régionales des affaires culturelles et de leurs services régionaux de l’archéologie. L’Institut national de recherches archéologiques préventives intervient aussi fréquemment avant certains travaux d’aménagement susceptibles d’endommager des vestiges.

Une mosaïque antique trouvée lors d’une fouille ne peut pas être traitée comme un simple objet isolé. Son emplacement, les couches de sol qui l’entourent, les murs voisins et les autres éléments associés comptent tout autant. Ils permettent de dater les occupations, de comprendre la fonction d’un bâtiment et de restituer l’histoire d’un quartier ou d’une ville.

À Pompeiopolis, les travaux sont conduits avec la direction générale turque du patrimoine culturel et des musées, sous l’autorité du ministère turc de la Culture et du Tourisme. La prochaine étape consistera à dégager les parties encore inconnues de la basilique et à déterminer l’étendue totale de son décor de mosaïque.

Questions fréquentes

Quel est l’état de conservation de la mosaïque découverte?
La mosaïque est remarquablement conservée sur place, à l’endroit même où elle avait été installée au IVe siècle. Cependant, des travaux de stabilisation ont déjà commencé pour protéger les tesselles face aux risques d’humidité, de variations de température et de dégradation mécanique.
Quand la basilique de Pompeiopolis a-t-elle été construite?
La basilique a été construite durant la seconde moitié du IIe siècle après Jésus-Christ, vers 150-160, puis a connu plusieurs transformations architecturales et fonctionnelles au cours de l’époque romaine tardive.
Que représente la tête d’Éros découverte près de la basilique?
La tête sculptée d’Éros, dieu grec de l’amour, remonte à la seconde moitié du IIe siècle et provient d’un pastophorion, une pièce liée au complexe de la basilique. Elle témoigne du caractère artistique et culturel de Pompeiopolis avant sa transformation en centre chrétien.
Jusqu’où s’étendait réellement la mosaïque ancienne?
Les archéologues ont dégagé 105 mètres carrés, mais cette surface ne représente pas forcément l’ensemble du décor. Les fouilles se poursuivent autour des parties déjà découvertes afin d’établir l’étendue totale du sol orné de la basilique.
Qu’était Pompeiopolis dans l’Antiquité?
Pompeiopolis occupait une place importante dans l’ancienne Paphlagonie, région historique du nord de l’Anatolie. Elle a gagné en importance sous l’Empire romain en devenant un centre administratif provincial, avant de se transformer au Ve siècle en centre épiscopal.


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