À Saqqarah, la tombe du « gardien des secrets » du roi refait surface après plus de 4 000 ans

En bref
Sekhentio-Ptah, haut fonctionnaire de l’Ancien Empire ayant porté le titre de « gardien des secrets des décrets royaux », était responsable de la gestion des documents et archives royales, une position stratégique au cœur du pouvoir pharaonique il y a plus de quatre millénaires.
L’essentiel en 3 points
  • Une tombe décorée attribuée au dignitaire Sekhentio-Ptah a été mise au jour à Saqqarah près du Caire, datée d’environ 4 350 ans (fin de la Ve ou début de la VIe dynastie).
  • Son titre énigmatique « gardien des secrets des décrets royaux » désignait en réalité une fonction administrative majeure liée à la gestion des documents et archives royales de l’Ancien Empire.
  • La sépulture contient une table d’offrandes, un bassin rituel et deux fausses portes, tandis que plus de cent oushebtis découverts pourraient provenir de réutilisations ultérieures du monument.

Concrètement en France
  • En France, les fouilles archéologiques sont encadrées par l’État et toute découverte fortuite lors de travaux doit être déclarée aux autorités locales.
  • Les collections égyptiennes françaises, notamment celles du Louvre, permettent de voir sur place des fausses portes, des tables d’offrandes et des oushebtis comparables à ceux décrits ici.
  • L’égyptologie reste une discipline dans laquelle la recherche française est historiquement très présente, avec des équipes qui travaillent régulièrement sur des chantiers en Égypte.
  • À retenir : ce type d’annonce concerne une fouille en cours, et les datations comme les attributions peuvent être précisées, voire révisées, par les publications scientifiques ultérieures.
Les repères
  • Découverte à Saqqarah d’une tombe datant de l’Ancien Empire (entre 2649 et 2150 avant notre ère), attribuée à Sekhentio-Ptah, haut fonctionnaire égyptien
  • Sekhentio-Ptah portait le titre de « gardien des secrets des décrets royaux » et supervisait les documents et travaux du roi, fonction administrative stratégique liée à la gestion des archives royales
  • La sépulture contient une table d’offrandes, un bassin rituel, deux fausses portes, plus de cent statuettes funéraires (oushebtis) et une statue en bois de faucon, reflétant les pratiques religieuses de l’époque
  • Les deux fausses portes permettent de dater le monument vers 4 350 ans avant notre époque, fin de la Ve dynastie ou début de la VIe dynastie
Chronologie
  • Entre 2649 et 2150 avant notre ère : Période de l’Ancien Empire égyptien associée à la construction des pyramides
  • Fin de la Ve dynastie ou début de la VIe dynastie (il y a environ 4 350 ans) : Datation de la tombe de Sekhentio-Ptah et de ses éléments architecturaux

En Égypte, une fouille menée sur le vaste site de Saqqarah éclaire les fonctions et les croyances de l’Ancien Empire.

Une sépulture décorée, attribuée à un haut fonctionnaire nommé Sekhentio-Ptah, vient d’être mise au jour près du Caire. Le média scientifique en ligne Live Science rapporte que cet homme détenait plusieurs charges liées aux documents et aux travaux du roi durant l’Ancien Empire égyptien.

Un dignitaire au plus près du pouvoir royal

La tombe remonte à l’Ancien Empire, une période comprise entre 2649 et 2150 avant notre ère. Cette époque reste notamment associée à la construction des pyramides, dont celles de Gizeh. Les archéologues situent plus précisément certains éléments du monument vers la fin de la Ve dynastie ou le début de la VIe dynastie, soit il y a environ 4 350 ans.

Sekhentio-Ptah portait un titre qui intrigue : « gardien des secrets des décrets royaux ». Derrière cette formule se cacherait une fonction administrative de premier plan, et non une mission mystérieuse au sens moderne du terme.

Le dignitaire devait vraisemblablement gérer des documents royaux et les personnes chargées de les rédiger, ce qui lui donnait accès à des informations confidentielles.

Ann Macy Roth, professeure d’égyptologie à l’université de New York, estime que le titre renvoie à un rôle courant parmi les scribes au service de la cour. Elle précise auprès de Live Science qu’il s’agit probablement d’une charge liée à la conservation des archives royales et à leur rédaction.

La sépulture mentionne aussi d’autres responsabilités attribuées à Sekhentio-Ptah :

  • superviseur de l’ensemble des travaux du roi ;
  • superviseur des documents royaux ;
  • gardien des secrets des décrets royaux.

Ces fonctions suggèrent un personnage intégré à l’appareil administratif du souverain. Dans l’Égypte pharaonique, l’écrit servait à organiser les ressources, les chantiers, les domaines et les décisions du pouvoir. Les scribes et responsables des archives occupaient donc une position stratégique.

Une tombe pensée pour les rites funéraires

À l’intérieur, l’équipe a retrouvé une table d’offrandes, un bassin destiné aux purifications rituelles et deux fausses portes. Ces éléments renseignent autant sur la position du défunt que sur les pratiques religieuses de son temps.

Le rôle des fausses portes

Dans les tombes de l’Égypte ancienne, une fausse porte ne menait pas vers une pièce cachée. Elle représentait symboliquement un passage. Les anciens Égyptiens pensaient que l’âme du mort pouvait emprunter cette ouverture pour sortir de la tombe et y revenir.

Placée dans l’espace cultuel de la sépulture, elle créait un lien entre le défunt et les vivants venus déposer nourriture, boissons ou autres offrandes. La table retrouvée dans la tombe s’inscrit dans cette même logique : maintenir les rites nécessaires au mort dans l’au-delà.

Les deux fausses portes constituent un indice précieux pour dater l’aménagement du monument, autour de 4 350 ans avant notre époque.

Les archéologues n’ont pas identifié la momie de Sekhentio-Ptah. L’absence de dépouille ne remet pas en cause l’attribution de la tombe, fondée sur les inscriptions et les titres qui y figurent.

Des objets qui pourraient appartenir à des sépultures plus tardives

Plus de cent statuettes funéraires ont aussi été trouvées dans le monument. Ces figurines, appelées oushebtis, étaient placées auprès des morts afin de les servir dans l’au-delà, selon les croyances de l’Égypte ancienne.

La fouille a également livré une statue en bois représentant un faucon, peut-être en lien avec Horus, divinité souvent figurée avec une tête de faucon. Des fragments de cartonnage étaient aussi présents. Ce matériau, composé notamment de couches de tissu ou de papyrus enduites, servait à former ou à recouvrir certains éléments funéraires associés aux momies.

Ann Macy Roth appelle pourtant à la prudence sur l’attribution de tous ces objets à Sekhentio-Ptah. Après examen des photographies et des informations communiquées par les autorités égyptiennes, elle juge probable que la tombe ait été réutilisée à une époque ultérieure.

Cette pratique était fréquente dans l’Égypte ancienne. Une sépulture ancienne pouvait accueillir de nouveaux défunts, parfois des siècles après son premier usage. Les oushebtis et le cartonnage pourraient ainsi provenir de ces inhumations tardives plutôt que de l’enterrement initial du dignitaire.

Saqqarah, une nécropole aux usages successifs

La tombe se situe dans le secteur du Bubasteion, à Saqqarah. Cette zone a notamment servi, durant des périodes plus récentes, aux inhumations de chats. Elle était liée à Bastet, déesse associée à la fertilité et à la protection, souvent représentée sous une forme féline.

Les informations communiquées ne font état d’aucune sépulture de chat dans cette tombe précise. Le lieu rappelle néanmoins combien Saqqarah a connu des usages variés sur une très longue durée. Cette nécropole rassemble des monuments de périodes différentes, ce qui complique parfois la lecture des objets découverts dans un même espace.

Ce que la France apporte à l’archéologie égyptienne

La France ne possède pas d’équivalent de Saqqarah sur son territoire, puisque ce site se trouve en Égypte. Elle occupe pourtant une place ancienne dans l’étude de l’Égypte pharaonique, à travers ses musées, ses universitaires et ses institutions de recherche.

Le musée du Louvre conserve notamment d’importantes collections d’antiquités égyptiennes. L’Institut français d’archéologie orientale, installé au Caire, mène quant à lui des travaux de recherche sur l’histoire et les civilisations de l’Égypte. Ces institutions contribuent à l’étude des textes, des objets et des monuments, en coopération avec les autorités égyptiennes compétentes.

Pour le public français, cette nouvelle trouvaille rappelle aussi le rôle concret des inscriptions funéraires. Elles ne racontent pas seulement la mort d’un individu : elles préservent son nom, ses titres et sa place dans la hiérarchie administrative. Dans le cas de Sekhentio-Ptah, elles permettent de relier une tombe de Saqqarah à l’organisation quotidienne du pouvoir royal il y a plus de quatre millénaires.

Questions fréquentes

Qui était Sekhentio-Ptah ?
Sekhentio-Ptah était un haut fonctionnaire de l’Ancien Empire égyptien, datant d’environ 4 350 ans. Il détenait plusieurs charges cruciales : superviseur des travaux du roi, superviseur des documents royaux et gardien des secrets des décrets royaux, ce qui faisait de lui un personnage clé de l’administration pharaonique.
Que signifie vraiment le titre « gardien des secrets des décrets royaux » ?
Contrairement à ce que suggère la formule, ce titre n’avait rien de mystérieux au sens moderne. Il désignait une fonction administrative de premier plan liée à la gestion et la conservation des archives royales, donnant accès à des informations confidentielles. Ann Macy Roth, professeure d’égyptologie, le rapproche d’un rôle courant parmi les scribes de la cour.
À quoi servaient les fausses portes dans les tombes égyptiennes ?
Les fausses portes ne menaient vers aucune pièce cachée. Elles représentaient symboliquement un passage permettant à l’âme du mort de sortir de la tombe et d’y revenir. Placées dans l’espace cultuel, elles créaient un lien entre le défunt et les vivants venus déposer des offrandes.
Pourquoi certains objets retrouvés pourraient-ils ne pas appartenir à Sekhentio-Ptah ?
Les plus de cent oushebtis et fragments de cartonnage découverts proviendraient probablement de réutilisations ultérieures de la tombe. Cette pratique était fréquente en Égypte ancienne : une sépulture pouvait accueillir de nouveaux défunts plusieurs siècles après son premier usage.
Où se situe exactement la tombe et pourquoi ce lieu est-il significatif ?
La tombe se trouve dans le secteur du Bubasteion à Saqqarah. Cette zone fut utilisée pour les inhumations de chats durant des périodes plus récentes, liées au culte de Bastet. Saqqarah rassemble des monuments de périodes très différentes, ce qui complique l’interprétation des objets découverts.


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