- Le cercueil de Catherine Ringer est entré au cimetière de Montmartre au son des musiciens emmenés par son fils Raoul Chichin, sans marche funèbre.
- Parmi les morceaux joués figurait Marcia Baïla, chanson de 1984 écrite en hommage à une danseuse emportée par un cancer.
- La chanteuse repose à quelques mètres de Fred Chichin, mort d’un cancer en novembre 2007, et des anonymes ont recouvert la tombe de fleurs après le départ des proches.
Le cercueil est arrivé au son des musiciens, emmenés par Raoul Chichin, guitare à la main. Le fils de Catherine Ringer et de Fred Chichin a joué devant la tombe de sa mère, samedi 19 septembre au cimetière de Montmartre, l’un des titres que ses parents avaient écrits ensemble.
Une entrée en musique, pas en silence
Il n’y a pas eu de marche funèbre. Le cercueil de Catherine Ringer est entré au cimetière de Montmartre au son de musiciens emmenés par son fils, Raoul Chichin, guitare à la main.
La cérémonie, voulue dans la plus stricte intimité selon le souhait de la chanteuse, s’est tenue le samedi 19 septembre 2026, cinq jours après sa mort à 68 ans. De nombreux anonymes s’étaient rassemblés aux abords, à distance du cercle familial.
Dès les premières notes, la tonalité de l’après-midi était fixée : musicale plutôt que solennelle, exactement à l’image de ce que les Rita Mitsouko avaient toujours fait.
Marcia Baïla, jouée devant le cercueil
Parmi les morceaux interprétés figurait Marcia Baïla, le titre de 1984 qui avait fait basculer la carrière du duo.
Le choix portait une charge particulière. Cette chanson est un hommage funèbre à la danseuse argentine Marcia Moretto, emportée par un cancer. Le texte ne prend aucune précaution : il décrit la maladie en face, sur une rythmique qui a pourtant fait danser la France entière pendant quarante ans.
L’entendre jouée devant le cercueil d’une femme que la même maladie venait d’emporter a saisi l’assistance. Ce morceau, que des millions de gens connaissent sans toujours en écouter les paroles, a retrouvé ce jour-là sa nature première.
Le fils du duo, à sa place
Raoul Chichin est né de l’histoire commune de Catherine Ringer et Fred Chichin, les deux moitiés des Rita Mitsouko.
Musicien lui-même, il n’a pas occupé ce samedi la position d’un héritier venu faire un discours. Il a fait ce que ses parents faisaient : il a joué. Avec d’autres musiciens, il a interprété plusieurs airs, pendant que le cortège avançait puis se recueillait.
Ceux qui étaient présents ont décrit un moment où la frontière entre la cérémonie et le concert n’existait plus vraiment.
Réunie avec Fred Chichin
La tombe se trouve à quelques mètres de celle où repose Fred Chichin depuis bientôt vingt ans.
Guitariste, compagnon et coauteur de l’ensemble du répertoire, il était mort d’un cancer en novembre 2007, à 53 ans, alors que le duo préparait une tournée. Catherine Ringer avait ensuite mis plusieurs années à remonter sur scène, avant de reprendre seule les chansons qu’ils avaient écrites à deux.
Les voir réunis dans le même lieu referme une histoire commencée en 1979.
Le cortège des artistes
Autour de la famille, la chanson et le cinéma français étaient largement représentés.
Marc Lavoine, Matthieu Chedid, Liane Foly, Alain Souchon, Vincent Delerm, Nolwenn Leroy et Caroline Loeb figuraient dans le cortège, aux côtés des actrices Josiane Balasko et Marina Foïs. L’éventail de ces présences, toutes générations et tous registres confondus, dit assez bien la place qu’occupait Catherine Ringer : elle n’appartenait à aucune famille musicale en particulier, et toutes sont venues.
Les fleurs, après
Une fois la cérémonie terminée et les proches partis, de nombreux badauds se sont regroupés autour de la tombe pour la recouvrir de fleurs.
C’est sans doute l’image qui restera : une cérémonie réservée à quelques dizaines de personnes, et une sépulture ensevelie sous les bouquets d’inconnus qui n’avaient jamais croisé Catherine Ringer, mais qui savaient ses chansons par cœur.


